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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 29 juin 2017

Le Canada, une histoire de relations troubles avec les Autochtones

Publié le

Enfants autochtones en salle de classe au pensionnat indien catholique de Fort George (Québec), 1939
Enfants autochtones en salle de classe au pensionnat indien catholique de Fort George (Québec), 1939   Photo : Archives Deschâtelets

Dépossédés de leurs terres et brimés dans leur identité, les premiers habitants du pays ont connu une histoire tumultueuse et douloureuse. Pour discuter des relations du Canada avec ses populations autochtones, racontant les pensionnats autochtones, le déplacement de familles inuites vers le cercle polaire et la mythique bataille de Batoche, Jacques Beauchamp reçoit Brian Gettler, Marquise Lepage et Serge Bouchard.

Les pensionnats autochtones, un génocide culturel
Acculturation, interdictions de parler les langues autochtones, abus physiques et sexuels, travaux domestiques forcés : les conditions de vie des jeunes autochtones dans les pensionnats n’avaient rien de rose, comme l’explique Brian Gettler, professeur d’histoire à l’Université de Toronto. Imposant à des milliers d’enfants une éducation catholique en français ou en anglais, l’objectif des autorités en charge des pensionnats était carrément d’éradiquer les cultures ancestrales autochtones. « Notre travail comme fonctionnaire sera terminé lorsqu’il n’y aura plus un seul Indien au Canada », a malheureusement déclaré en 1920 le surintendant adjoint au ministère des Affaires indiennes, Duncan Campbell Scott.

Groupe d'élèves, religieuses et hommes autochtones posant devant l'école, foyer fédéral de Port Harrison (Inukjuak),   Québec, vers 1890
Groupe d'élèves, religieuses et hommes autochtones posant devant l'école, foyer fédéral de Port Harrison (Inukjuak), Québec, vers 1890   Photo : Bibliothèque et Archives Canada

L’opération d’assimilation a été plus tard décrite comme un génocide culturel et le gouvernement canadien a formulé des excuses officielles en 2008. Mais les traumatismes demeurent vifs chez les anciens pensionnaires. La situation fut également particulièrement douloureuse pour leurs parents, qui se sont sédentarisés au cours de la même période, encouragés par le gouvernement à s’installer dans des réserves dotées du confort moderne, et qui ont abandonné en partie les activités de chasse et pêche qui caractérisaient leur ancien mode de vie nomade. « Ils sont devenus oisifs et ont perdu le sens de leur vie », souligne l’animateur et anthropologue Serge Bouchard.

Le terrible déplacement de familles inuites dans le cercle polaire
Dans les années 1950, le gouvernement canadien invitait des familles inuites du nord du Québec à déménager dans le cercle polaire, dans le Haut-Arctique, plus de 2000 kilomètres au nord de leurs communautés d’origine. On leur a promis un territoire magnifique et une abondance de gibier. « Il n’en était rien », explique la cinéaste Marquise Lepage, réalisatrice du documentaire Martha qui vient du froid (2009). « Le Canada a utilisé cette population pour des raisons politiques, pour assurer sa souveraineté dans l’Arctique, sur un territoire glacial, pratiquement inhabitable. Les Inuits ont été traités comme des cobayes, comme des animaux. »

 

La bataille de Batoche, une tragédie métisse
Du 9 au 12 mai 1885, sous la direction de Louis Riel et Gabriel Dumont, les Métis et Autochtones du Manitoba ont tenté de résister à l’assaut des forces militaires canadiennes. C’était la fin d’un conflit dans lequel les Métis avaient revendiqué leur identité et leur mode de vie, dénonçant notamment la volonté des Blancs de les soumettre à l’agriculture et rejetant l’autorité du Canada à gouverner le Nord-Ouest.

La prise de Batoche par Grundy. La toile représente des militaires canadiens en grand nombre, vêtus de leurs uniformes rouges, attaquant des Métis dont les corps meurtris reposent au sol. Au loin, des volutes de fumée.
La prise de Batoche par Grundy   Photo : Bibliothèque et Archives Canada.

« La bataille de Batoche marque la fin, pour les communautés autochtones et métisses, de l’espoir d’exister avec un statut de nation à l’intérieur du Canada », dit l’animateur radio et anthropologue Serge Bouchard. « Après Batoche, la confédération va se constituer en provinces et territoires qui ne tiennent pas vraiment compte des territoires autochtones, malgré les traités signés par le gouvernement canadien qui devaient leur consentir quelques égards, mais qui n’ont pas été respectés. Pendant la bataille, mal armés et mal préparés, les Métis ont tout de même surpris la milice canadienne par leur grande résistance. »

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