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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 28 juin 2017

Le Canada, une terre d’accueil pas toujours hautement exemplaire

Publié le

Examens des nouveaux arrivés au pays dans la salle d'examens immigration, Quai 21, Halifax (Nouvelle-Écosse), mars 1952
Examens des nouveaux arrivés au pays dans la salle d'examens immigration, Quai 21, Halifax (Nouvelle-Écosse), mars 1952   Photo : Bibliothèque et Archives Canada, PA-000068

Paradis de l'immigration dans l'inconscient collectif mondial, le Canada a accueilli des milliers de réfugiés depuis le début du 20siècle. Les professeurs d'histoire Harold Bérubé et Greg Robinson, ainsi que la cinéaste Marie-Hélène Panisset, évoquent des exemples d'intégration positive, mais expliquent qu'il y eut aussi de violents épisodes de discrimination et de racisme dans le traitement de l'immigration au pays.

Le Quai 21 à Halifax : plaque tournante de l’immigration de 1928 à 1971
Plus d’un million d’immigrants sont entrés au Canada par voie maritime au cours du deuxième tiers du 20siècle et l’ont fait par le Quai 21, véritable quartier général de l’immigration au pays. À une époque où l’on immigre principalement par bateau, le terminal maritime néo-écossais devient le lieu emblématique de la volonté d’accueil du Canada, comme l’explique le professeur d’histoire Harold Bérubé.

Les déplacements de population entraînés par la Deuxième Guerre mondiale amènent au Canada un total de 200 000 réfugiés de 1946 à 1952. Leurs profils sont variés : des juifs qui ont fui le nazisme, des gens qui viennent des pays de l’Axe ravagés par la guerre, des gens qui fuient l’avancée soviétique en Europe de l’Est.

Le Canada est accueillant, mais ce n’est pas idyllique : il y a aussi beaucoup de résistance. Le gouvernement est plus ouvert aux immigrants issus de l’Europe de l’Ouest qu’à ceux des pays de l’Est. N’entre pas qui veut au Quai 21.

Harold Bérubé, professeur d’histoire à l’Université de Sherbrooke

Les réfugiés de la mer vietnamiens et indochinois : une immigration réussie
Réalisatrice du documentaire Une nuit sans lune – Boat people : 40 ans après, Marie-Hélène Panisset a revisité l’histoire d’immigration positive des réfugiés de la mer indochinois des années 70 et 80 en la mettant en parallèle avec la crise des migrants que nous venons de connaître. Dans les deux cas, les migrants traversent le monde en bateau dans des conditions déplorables avant d’être accueillis au Canada et d’entamer une vie nouvelle, pleine d’espoir.

« Ces gens fuient un régime totalitaire et se mesurent à de nombreux dangers, explique-t-elle. Les réfugiés indochinois que j’ai rencontrés sont des gens infiniment reconnaissants de l’accueil qu’ils ont reçu au Canada. Je pense que les boat people représentent vraiment l’un des cas positifs qui ont accentué la réputation [du Canada en tant que] terre d’accueil. Il y a eu autour d’eux un vrai mouvement de soutien populaire. »

 

Des camps d’internement au Canada pendant la Première et la Deuxième Guerre mondiale
La chose est méconnue, mais le Canada a bel et bien mis en place des camps d’internement en Ontario et en Colombie-Britannique à deux reprises. « Il y avait notamment des camps pour Italiens à Petawawa en Ontario, dit l’historien Greg Robinson, et des camps pour Japonais en Colombie-Britannique. Ces derniers ont été particulièrement maltraités, dépossédés de leurs biens et victimes d’un racisme très violent. »

Ces camps accueillaient des gens dont la nationalité était associée aux pays ennemis, mais on y trouvait aussi des prisonniers de guerre allemands. « Il n’existait aucun moyen de contestation ou de défense pour ces gens internés, se désole Greg Robinson. En outre, le gouvernement les obligeait souvent à payer leur propre internement. »

Un chapitre sombre de l'histoire canadienne.

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