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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 26 juin 2017

Le Canada, un pays en paix qui a tout de même fait la guerre

Publié le

Défilé contre la conscription au square Victoria à Montréal, 24 mai 1917
Défilé contre la conscription au square Victoria à Montréal, 24 mai 1917   Photo : Bibliothèque et Archives Canada/Fonds du ministère du secrétariat d’État du Canada.

Le Canada a la réputation d'être un pays pacifiste, notamment grâce à ses Casques bleus entraînés à favoriser le maintien de la paix. Mais le pays n'en a pas moins été un participant actif aux deux guerres mondiales, jouant notamment un rôle important dans le débarquement de Normandie. Pour les Québécois, toutefois, la guerre évoque surtout la crise de la conscription. Regard en trois temps sur le Canada guerrier.

La conscription : une crise politique qui a exacerbé les tensions entre les peuples canadiens

Pour les Canadiens français, la Première Guerre mondiale aura surtout été le théâtre de fortes tensions politiques locales autour de la conscription, explique l'historien Carl Bouchard. Quand le Canada décide, en 1917, d'envoyer un Canadien sur quatre au front pour soutenir les troupes britanniques, les francophones du Québec s'y opposent, et la crise ainsi engendrée mènera à une explosive élection référendaire.

L’histoire aura retenu de cet événement l’image d’un Québec pacifiste et anti-guerrier, opposée à celle d’un Canada anglais plus soucieux de l’importance de l’effort de guerre. Mais ce n’est pas seulement par vertu que les Canadiens français résistent à l’enrôlement.

Pour le peuple canadien-français, participer à cette guerre ne va pas de soi. Les anticonscriptionnistes ne sentent pas d’attachement à l’Empire britannique et ne voient pas en quoi ils devraient se joindre à son armée. Plusieurs sont aussi indifférents aux conflits qui déchirent l’Europe, trop occupés à s’occuper d’agriculture et d’élevage. Le Québec est alors encore profondément rural.

Carl Bouchard

En 1944, les Canadiens participent au spectaculaire débarquement de Normandie

Le premier ministre canadien Mackenzie King, le premier ministre britannique Winston Churchill, le gouverneur général du Canada Alexander Cambridge Earl of Athlone et le président américain Franklin Roosevelt à la conférence de Québec en 1943. En arrière-plan, le Château Frontenac et le fleuve Saint-Laurent.
Le premier ministre canadien Mackenzie King, le premier ministre britannique Winston Churchill, le gouverneur général du Canada Alexander Cambridge Earl of Athlone et le président américain Franklin Roosevelt à la conférence de Québec en 1943.   Photo : Imperial War Museum- wiki

C'est à Québec, en août 1943, que les dirigeants britanniques et américains, Winston Churchill et Frankin D. Roosevelt, décident de lancer l'opération du débarquement de Normandie. Le Canada a ensuite dépêché 150 000 hommes sur l'une des plages envahies le 6 juin 1944 par les troupes des Alliés, raconte Caroline D'Amours, chercheuse postdoctorale en histoire militaire canadienne à l'Université de Boston.

Image forte dans l'imaginaire collectif mondial : les troupes des Alliés débarquant sur cinq plages de Normandie par les voies maritimes comme par les voies aériennes. L'opération continue à fasciner par son ampleur : 150 000 hommes, y compris des parachutistes, ont été de cette opération militaire qui a marqué la formidable avancée des Alliés. « Le bataillon canadien n'est évidemment pas aussi imposant que ceux des Britanniques et des Américains, mais la présence canadienne est néanmoins importante », ajoute Caroline D'Amours.

Ces Casques bleus qui défendent la paix depuis 1956

Des Casques bleus au Soudan du Sud
Des Casques bleus au Soudan du Sud Photo : Reuters/Siegfried Modola

Le 4 novembre 1956, le ministre des Affaires étrangères du Canada, Lester B. Pearson, invite les délégués des Nations unies à voter pour la création d'une force internationale de maintien de la paix. La résolution 998 aura donné naissance aux Casques bleus, explique Stéphane Roussel, directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur les relations internationales du Canada et du Québec.

Les Casques bleus auront contribué à affirmer la réputation pacifiste dont jouissent les troupes canadiennes. « On peut remercier pour cela Lester B. Pearson, qui était un grand diplomate et qui jouait à merveille le rôle traditionnel de médiateur qu'a très souvent joué le Canada dans les conflits internationaux. Il a été lauréat, en 1957, du prix Nobel de la paix, qu'il a reçu avec beaucoup d'humilité, en rappelant que ce prix revenait à l'ensemble du peuple canadien. »

Pourtant, sa proposition n'a pas tout de suite été accueillie favorablement au pays, où de nombreux citoyens et observateurs politiques lui ont reproché d'avoir « trahi » la mère patrie britannique.

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