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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 21 juin 2017

La vie passionnante de la fondatrice des Jardins de Métis

Publié le

Huile sur toile représentant le portrait de Elsie Reford, exposé à la Villa Estevan, Grand-Métis
Huile sur toile représentant le portrait de Elsie Reford, exposé à la Villa Estevan, Grand-Métis   Photo : Jardins de Métis

Dans le Montréal économiquement puissant de la fin du 19e siècle, l'Anglo-Montréalaise Elsie Reford évoluait au sein des plus prestigieuses familles. La professeure d'histoire Karine Hébert raconte la vie de cette bourgeoise qui s'est passionnée pour l'horticulture et qui a légué au Bas-Saint-Laurent un fabuleux jardin d'inspiration anglaise : les Jardins de Métis.

Faire le portrait d’Elsie Reford, c’est aussi faire le portrait de la bonne société anglo-montréalaise de son époque : un monde de conventions dans lequel une femme ambitieuse comme Elsie Reford doit se distinguer tout en respectant les cadres de son rang et le conservatisme de sa société. Elle excelle dans cet équilibre délicat. C’est en 1926 qu’elle commence à élaborer les plans des Jardins de Métis, près de la station balnéaire que l’on appelle alors Métis Beach, où elle a l’habitude de passer ses étés.

De riches origines
Elsie Reford naît en 1872 à Perth, en Ontario, d’un père qui est d’abord marchand, puis directeur de la gigantesque meunerie produisant la farine Five Roses. Sa mère, Elsie Stevens, est la petite sœur du président du Canadien Pacific. Elle bénéficie d’une formation de haute qualité, se passionnant notamment pour les langues et la musique.

Ses origines bourgeoises canadiennes-anglaises font d’elle une royaliste. Elle tente même de convaincre des francophones, comme Henri Bourassa, d’adhérer à cette vision du monde. Peine perdue.

Un rôle important
Difficile pour une femme de cette époque de jouer un rôle de premier plan dans les affaires publiques, mais Elsie Reford joue un rôle de coulisses dans les affaires de sa famille. « On peut supposer qu’elle en mène large dans ces affaires, qui se bouclent souvent dans son propre salon », explique Karine Hébert.

Officiellement, elle s’implique auprès du Montreal Maternity Hospital. Mais pas de traces d’elle dans le mouvement des suffragettes ou au sein d’autres organismes féministes naissants, comme le Montreal Local Council of Women. Elle est pourtant amie avec nombre de femmes qui en font partie.

Huile sur toile représentant Elsie Reford, cavalière, exposée à la Villa Estevan, Grand-Métis
Huile sur toile représentant Elsie Reford, cavalière, exposée à la Villa Estevan, Grand-Métis   Photo : Jardins de Métis

Des jardins somptueux
Adepte de sports équestres, Elsie Reford est très active pendant l’été à sa résidence secondaire de Métis. Mais en 1926, son médecin lui interdit la pratique des sports et lui suggère le jardinage. Elle s’y consacre avec fougue et passion.

Elle refuse de faire appel à des aménagistes et elle dessine elle-même ses jardins. Elle en est, toute seule, la grande architecte. C’est exceptionnel d’avoir réussi à faire pousser autant d’espèces sur une terre située très à l’est et très au nord.

professeure d’histoire à l’Université du Québec à Rimouski

Les Jardins de Métis sont aujourd’hui désignés lieu historique national et site patrimonial. Ils sont ouverts au public depuis 1962 et font la fierté du Bas-Saint-Laurent.

À lire 
- « Elsie Reford, au-delà des jardins », de Karine Hébert, dans Elsie, une œuvre-hommage de Dominique Blain, ouvrage dirigé par Jocelyne Fortin, Musée régional de Rimouski, Jardins de Métis, 2007
- Célébrités : Elsie Reford, de Hélène Jasmin, Éditions Lidec, 2015

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