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La première grève étudiante au Québec, en 1958

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

La première grève étudiante au Québec, en 1958

Audio fil du mercredi 24 mai 2017
Les étudiants Benoît Meloche, Francine Laurendeau et Jean-Pierre Goyer devant l'Assemblée nationale du Québec, en mars 1958

Les étudiants Benoît Meloche, Francine Laurendeau et Jean-Pierre Goyer devant l'Assemblée nationale du Québec, en mars 1958

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran tirée de l'émission Carrefour

Le 6 mars 1958, les associations étudiantes de cinq universités québécoises ont revendiqué, lors d'une grève d'un jour, un financement équitable de leurs institutions et une meilleure accessibilité à l'éducation supérieure. Karine Hébert, professeure d'histoire à l'Université du Québec à Rimouski, raconte le premier affrontement entre les étudiants et le gouvernement québécois.

À la fin des années 1950, les universités québécoises manquent de financement. Le gouvernement Duplessis refuse alors qu’elles acceptent l’argent du fédéral, sous menace de couper leurs subventions. Cette politique d’autonomie de Québec, basée sur le fait que l’éducation est une prérogative provinciale, accentue le manque à gagner des universités.

Une grève pour revendiquer la primauté du talent sur l’argent
Lors de la grève de 1958, chaque association universitaire impliquée choisit ses moyens d’action. À l’Université Laval, les cours sont levés, alors qu’à McGill, les étudiants ne se présentent pas en classe. À l’Université de Montréal, les étudiants érigent des barricades et organisent des conférences. Des milliers d’étudiants plaident par leur absence en faveur des jeunes qui n’ont pas les moyens d’aller à l’université.

L’importance fondamentale de cette grève est d’avoir montré que c’était possible pour les étudiants de faire un front commun, de faire un exercice de revendication.

Karine Hébert, professeure d’histoire

Trois étudiants mandatés pour rencontrer Duplessis
À la suite de la grève du 6 mars, les associations étudiantes mandatent trois délégués pour rencontrer le premier ministre Maurice Duplessis et lui déposer un manifeste. Pendant plus d’un mois, Francine Laurendeau, Jean-Pierre Goyer et Bruno Meloche se rendent jour après jour à son bureau dans l’espoir de l’interroger. Duplessis refuse de les recevoir, en arguant que l’éducation est un domaine réservé au gouvernement et aux institutions religieuses.

S’attaquer au pouvoir pour transformer les universités
La première grève étudiante du Québec, qui conteste que l’instruction soit réservée à une classe privilégiée, donne peu de résultats concrets. Elle permet toutefois au mouvement étudiant d’établir les bases sur lesquelles reposeront toutes les luttes à venir. La démocratie étudiante et des assemblées, ainsi qu’une structure interuniversitaire de négociation se mettent en place.

Le documentaire L’histoire des trois (Nouvelle fenêtre), réalisé en 1990 par Jean-Claude Labrecque, retrace le voyage Montréal-Québec entrepris en 1958 par Francine Laurendeau, Jean-Pierre Goyer et Bruno Meloche pour rencontrer le premier ministre Duplessis :

 

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