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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

L’incendie qui a fait perdre à Montréal son statut de capitale

Audio fil du mardi 16 mai 2017
Détail d'une peinture illustrant l'incendie du parlement de Montréal, en 1849

Détail d'une peinture illustrant l'incendie du parlement de Montréal, en 1849

Photo : Artiste anonyme / Musée McCord

Le 25 avril 1849, le parlement de Montréal a été incendié par des tories, un groupe politique formé d'anglophones en perte de pouvoir. Ceux-ci ont mal réagi à l'indemnisation des victimes des rébellions de 1837-1838. L'historien Alain Roy explique le contexte entourant l'incendie du parlement de Montréal, qui a fait perdre à la métropole son titre de capitale du Canada.

Montréal, capitale de Canada-Uni
Montréal devient capitale dans le contexte de l’union du Haut et du Bas-Canada. En février 1841, après la proclamation de l’Acte d’union, Kingston est nommée capitale, mais dès septembre, on demande de transférer le siège des décisions à Montréal. De 1844 à 1849, le parlement se situe ainsi dans le bâtiment le plus majestueux de la ville, le marché Sainte-Anne.

Un contexte de changements politiques
En 1848, des révolutions surviennent dans plusieurs pays d’Europe, notamment en France, en Italie, en Hongrie et en Pologne. Aussi, dans les années 1840, l’Empire britannique s’ouvre au libre-échange avec l’abandon de ses lois sur les céréales (Corn Laws), des mesures qui garantissaient une protection des prix aux marchands de Montréal. Cet abandon du protectionnisme par la Grande-Bretagne favorise l’avènement, en 1848, du gouvernement responsable du Canada-Uni.

L’établissement de ce dernier constitue une véritable révolution pour la petite poignée d’anglophones de Montréal qui gouvernaient à leur guise. Les députés du Parlement de Montréal votent désormais des lois, que le gouverneur peut accepter de sanctionner. C’est le début d’une forme d’indépendance de la colonie par rapport à Londres, mais les tories perdent une partie de leurs pouvoirs.

L’étincelle menant à l’émeute
Les tories réagissent très mal à la décision du gouverneur lord Elgin de sanctionner la loi de l’indemnisation des victimes de la rébellion de 1837-1838. Pour exprimer leur colère, ils organisent une manifestation au Champ-de-Mars, qui attire de 1500 à 3000 personnes. L’agitation se poursuit jusqu’au parlement, auquel on met le feu.

Les conséquences de l’incendie du parlement de Montréal
Le feu emporte l’édifice du parlement, toutes les archives de la province depuis le début de la colonie, des peintures et une bibliothèque. Il ne fait aucune victime, mais marque la fin des années où Montréal était la capitale du Canada-Uni. Immédiatement après l’incendie, un appel des réformistes pour soutenir la reine Victoria a pour effet de marginaliser les tories et les républicains.

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