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Romain Gary, alias Émile Ajar : mentir pour être lu

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

Romain Gary, alias Émile Ajar : mentir pour être lu

Audio fil du vendredi 12 mai 2017
Romain Gary en 1980, lors de l'enregistrement de l'émission <em>Propos et confidences</em>

Romain Gary en 1980, lors de l'enregistrement de l'émission Propos et confidences

Photo : Radio-Canada

Romain Gary a été le premier et le seul auteur à recevoir deux fois le prix Goncourt : en 1956, pour Les racines du ciel, et en 1975, sous le pseudonyme d'Émile Ajar, pour La vie devant soi. Après le suicide de l'auteur, en 1980, la révélation de la vraie identité d'Ajar a presque créé un drame national en France. Laurent Seksik, l'auteur de Romain Gary s'en va-t-en-guerre, raconte la façon dont le célèbre écrivain a choisi de se réinventer pour continuer à être lu.

Sa jeunesse passée à Nice, sa relation avec sa mère, ses 8 ans passés dans l’aviation et ses 15 ans au service de la diplomatie française servent d’inspiration littéraire à Romain Gary. Conteur avant tout, il crée un roman avec chaque période de son existence.

Émile Ajar personnifié par Paul Pavlowich
Dans les années 1970, Paul Pavlowich, un cousin de Romain Gary, personnifie Émile Ajar pendant plusieurs années. Il révèle la supercherie après la mort de l’écrivain, lors d’une entrevue accordée à Bernard Pivot, à l’émission Apostrophes. La mystification surprend alors nombre de lecteurs.

Le génie d’un écrivain inventif
Originaire d’un ghetto juif de l’actuelle Vilnius, en Lituanie, Romain Gary apprend le français seulement à l’adolescence. Pour répondre au rêve qu’a sa mère de le voir devenir un grand romancier, il invente un style d’écriture, qu’il renouvelle dans ses livres signés sous le pseudonyme d’Émile Ajar.

La soif de reconnaissance
Romain Gary tient à ce qu’on admire son œuvre. Il se réjouit d’avoir pour lecteurs Charles de Gaulle, Albert Camus et André Malraux. Il lui coûte ainsi de voir sa doublure recevoir plus de reconnaissance qu’il en a lui-même. Le 2 décembre 1980, il met fin à ses jours, terrorisé par la peur qu’Émile Ajar soit démasqué.

Après avoir réalisé tous les rêves de celle qu’il a chérie le plus dans son existence, il met un terme à sa vie. Plus rien n’est envisageable à la hauteur de ses rêves.

Laurent Seksik, écrivain et médecin

Référence
Romain Gary s’en va-t-en-guerre (Nouvelle fenêtre), de Laurent Seksik, Les éditions Flammarion, 2017

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