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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 2 mai 2017

Jonestown : comment un gourou a poussé des centaines de personnes au suicide

Publié le

Quatre des victimes de la secte de Jim Jones retrouvés morts en 1978, à Jonestown, au Guyana
Quatre des victimes de la secte de Jim Jones retrouvés morts en 1978, à Jonestown, au Guyana   Photo : La Presse canadienne / AP

Le 18 novembre 1978, 908 membres de la secte le Temple du peuple, dont plus de 300 enfants, ont été tués ou se sont donné la mort sous l'emprise du pasteur américain Jim Jones. Rassemblés au Guyana, dans une commune fondée par ce gourou, ils ont accepté de boire une potion mortelle ou ont été abattus par balles. La politologue Karine Prémont raconte le délire qui a conduit au massacre de Jonestown.

Ce jour-là, un médecin et deux infirmières de la secte de Jim Jones auraient administré des tranquillisants à leurs coreligionnaires, avant de leur servir une boisson au raisin contenant du cyanure de potassium. Entraînés à cette mort « dans la dignité », rares sont ceux qui ont opposé une résistance. Des centaines de personnes, dont des familles entières, ont pris le poison et se sont étendues par terre pour mourir, serrées les unes contre les autres.

Un gourou progressiste
Né en Indiana au début des années 1930, Jim Jones s’intéresse au mouvement des droits civiques et à l’égalité sociale à partir des années 1950. Pour mieux défendre les droits des opprimés, il crée sa propre religion. Après s’être installé en 1967 à San Francisco, en Californie, il réussit à attirer des milliers de personnes dans sa secte.

La célébrité monte à la tête de Jim Jones. Il commence à croire être l’incarnation de Jésus, de bouddha. Respecté par certains démocrates, il se sent invulnérable à la critique jusqu’à ce qu’un magazine publie un article peu élogieux à son égard. D’anciens adeptes de son église l’accusent alors d’actions à connotations sexuelles, d’une volonté d’emprise mentale et de consommation de drogues. Menacé par le fisc, Jim Jones décide de partir au Guyana avec un millier d’adeptes à l’été 1977, pour fonder la communauté de Jonestown.

Le massacre d’un manipulateur
Jim Jones profite de l’isolement de Jonestown pour raffermir son emprise sur ses disciples. Il empêche notamment des hommes et des femmes d’élever leurs propres enfants.

Mis au courant d’abus faits par le pasteur, le représentant démocrate Leo Ryan débarque à Jonestown en compagnie de journalistes le 15 novembre 1978. Il rencontre Jim Jones et sa femme, mais aussi des gens qui désirent quitter la commune.

Le 18 novembre, Ryan est attaqué au couteau par un membre de la secte. Alors que son équipe et les journalistes s’apprêtent à quitter Jonestown avec des disciples de Jones, ils sont attaqués par des fanatiques armés jusqu’aux dents. Cinq personnes meurent sur le coup, dont Ryan et des membres des médias.

Dans les heures qui suivent, Jim Jones met en branle le suicide collectif qu’il a méticuleusement planifié. Il empoisonne d’abord les enfants pour convaincre plus facilement les adultes à se suicider. Seules 87 personnes réussissent à se cacher ou à s’échapper. Quant à Jim Jones, les autorités américaines le retrouvent mort, tué par une balle dans la tête.

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