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Le tout premier roman québécois et son auteur haut en couleur

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Le tout premier roman québécois et son auteur haut en couleur

Portrait dessiné de l'auteur Philippe Aubert de Gaspé fils.

Philippe Aubert de Gaspé fils

Photo :  Bibliothèque et archives nationales du Québec / Le Monde illustré

En 1837, Philippe Aubert de Gaspé fils sonne le début de la littérature québécoise avec L'influence d'un livre, un ambitieux roman de magie et de trésors cachés qui cherche ouvertement à amener chez nous les courants littéraires en vogue en France. Si le livre déplaît fortement à la critique de l'époque, il n'en demeure pas moins un captivant objet littéraire et historique, selon Claude La Charité. L'écrivain et professeur de littérature raconte à Jacques Beauchamp que son écriture s'est faite alors que son auteur fuyait la loi.

Philippe Aubert de Gaspé fils naît en 1814 à Québec. Fils du seigneur de Saint-Jean-Port-Joli, il est surdoué et avide lecteur, mais d’un caractère impétueux et volatil.

Alors qu’il travaille comme journaliste affecté aux débats parlementaires à Québec, il a maille à partir avec un député patriote qu’il provoque en duel. Arrêté et emprisonné, il se venge en lançant une bombe puante contre la chambre de l’Assemblée législative. C’est alors qu’il doit se réfugier au manoir familial à Saint-Jean-Port-Joli, et c’est là qu’il écrit, en compagnie de son père, L’influence d’un livre.

L’odyssée de Charles

Dans sa préface, l’auteur annonce vouloir rompre avec les règles de la littérature classique. L’histoire est celle de Charles Amand, un paysan pauvre qui cherche sans succès à s’enrichir grâce à des formules magiques. Emprisonné par un corsaire, il se voit finalement récompensé sous forme de livres par un jeune médecin à qui il a donné sa fille en mariage.

Ce qui est certain, c’est qu’il veut montrer à ses lecteurs qu’il s’inspire des idées romantiques, qu’il cherche, finalement, à adapter au Québec, à faire traverser l’Atlantique à cette révolution littéraire romantique qui a cours, en France, dans les années 1830.

Claude La Charité
Le manoir Aubert de Gaspé à Saint-Jean-Port-Joli.

Le manoir Aubert de Gaspé à Saint-Jean-Port-Joli. C'est également dans ce village que se déroule L'influence d'un livre.

Photo : Ministère de la Culture et des Communications / Jean Dubé

Les critiques reprochent au livre sa forme littéraire incongrue, son manque de réalisme et de leçon morale claire.

Philippe Aubert de Gaspé fils, lui, doit s’exiler à Halifax et meurt en 1841 à l’âge de 26 ans, vraisemblablement d’une surdose d’alcool.

En 1864, l’abbé Casgrain réédite L’influence d’un livre sous le titre Le chercheur de trésors, assorti de multiples modifications afin de le rendre adéquat pour les écoliers de l’époque.

Au cours de cette émission, Claude La Charité explore les nombreuses références littéraires contenues dans L’influence d’un livre, de même qu’une croyance typique des Canadiens français du 19e siècle à l’origine d’un passage de l’œuvre.

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