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La longue et tortueuse genèse des <em>Mille et une nuits</em>

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

La longue et tortueuse genèse des Mille et une nuits

Dessin d'un homme en costume traditionnel indien sur un radeau.

Le personnage de Sinbad le marin tel que dessiné vers 1860

Photo : Getty Images / Hulton Archive

Du troisième siècle de notre ère aux Lumières en passant par le Moyen-Âge, il a fallu bien plus que mille et une nuits pour colliger les aventures de Shéhérazade, d'Aladin, d'Ali Baba et autres héros de ce recueil qui fait le plaisir des petits et grands depuis de nombreuses générations. Au micro de Jacques Beauchamp, l'historien Raphaël Weyland recense les cultures qui ont inspiré ces contes, et rappelle qu'on y trouve bien plus que des récits pour enfants.

Dessin d'une femme agenouillée devant un homme portant un turban.

Shéhérazade et son père tels que dessinés vers 1880 par A. Houghton,

Photo : Getty Images / Hulton Archive

Publiée en langue arabe, la première version relativement complète des Mille et une nuits remonte à 850 et est attribuée à un copiste anonyme de Bagdad.

On y trouve toutefois des contes indiens datant du troisième siècle, dont celui qui forme la trame du recueil : l’histoire de Shéhérazade, cette femme forcée de raconter chaque soir à son nouveau mari une nouvelle légende pour ne pas se faire exécuter.

Du Tigre au Nil

Cette version comprend aussi une adaptation en arabe d’Hézâr afsâna (Mille contes), un recueil persan datant du quatrième ou du cinquième siècle.

Après 850, l’ouvrage est adapté ailleurs dans le monde arabe, et les références géographiques et culturelles sont modifiées en conséquence. Des contes sont ajoutés, d’autres, enlevés.

Il y a cette idée de justice, de montrer ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, mais aussi, l’espoir […] de transformer un tyran injuste et féminicide en un souverain juste et ouvert à l’influence de son épouse.

Raphaël Weylaned

Au 18e siècle, Antoine Gallant, un professeur de langues et de cultures du Moyen-Orient à la cour de Louis XIV, est le premier à traduire Les mille et une nuits en français, ce qui en fait la première version en langue occidentale.

C’est également lui qui y ajoute les contes Aladin et la lampe merveilleuse, Sinbad le marin et Ali Baba et les quarante voleurs. Certains attribuent à l’orientaliste les contes les plus connus de l’ouvrage, mais lui soutient les avoir entendus d’autres personnes.

Dans cette émission, Raphaël Weyland explique comment la figure de Shéhérazade et sa perception ont changé au fil du temps et des versions. D’une présence forte et de premier plan, elle est devenue passive et mystérieuse pour refléter un fantasme occidental.

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