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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Les cinq de Central Park, un grand dérapage judiciaire à l’américaine

Un jeune homme menotté est escorté par deux hommes à ses côtés.

L'un des cinq de Central Park, Kevin Richardson

Photo : ny daily news via getty images / New York Daily News Archive

En 1989, cinq adolescents afro-américains ans ont été arrêtés, reconnus coupables, puis incarcérés pour un viol brutal qu'ils n'avaient pas commis. Sur la foi d'aveux recueillis sous la contrainte, sans preuve matérielle, ils ont purgé l'entièreté de leurs peines. Karine Prémont, professeure de politique appliquée, raconte à Jacques Beauchamp comment les pressions populaires ont précipité une enquête policière déjà bâclée, sur fond d'interférences de l'homme d'affaires Donald Trump, l'actuel président des États-Unis.

En 1989, New York est pétrie de violence. La ville a connu 2000 meurtres l’année d’avant, et la criminalité est si rampante que la police a cessé de patrouiller dans certains quartiers.

Le 19 avril, Trisha Meili, une joggeuse de 28 ans, est sauvagement attaquée et violée à Central Park. Le même soir, des membres d’une bande de jeunes qui flânaient dans le parc sont arrêtés. Parmi ces jeunes : Kevin Richardson, 14 ans; Raymond Santana, 14 ans; Yusef Salaam, 15 ans; Antron McRay, 15 ans, et Korey Wise, 16 ans.

Quelques jours plus tard, ils sont formellement accusés du viol de Trisha Meili.

On ne se pose pas plus de questions. On a déjà les coupables, et on va essayer de voir comment on peut coller ce crime-là sur eux.

Karine Prémont
Trois hommes s'adressent aux médias devant un édifice.

Raymond Santana, Yusef Salaam et Kevin Richardson en 2014, lors de l'annonce du versement d'une compensation de 41 millions de dollars aux cinq de Central Park

Photo : Getty Images / Andrew Burton

Des aveux problématiques

À l’encontre de la loi, les noms des cinq mineurs sont rendus publics. Ils sont détenus sans avoir le droit de manger, de boire ou d’aller aux toilettes. Quatre d’entre eux font des aveux filmés. Pourtant, leurs versions se contredisent, aucune trace d’ADN n’est trouvée sur leurs vêtements et les aveux font état d’un autre lieu que celui indiqué par la victime.

Lors de leur procès, ils sont promptement reconnus coupables.

En 2001, Matias Reyes, incarcéré pour un autre crime, avoue être coupable du viol de Trisha Meili. L’année suivante, le procureur de l’État de New York annule les charges retenues contre les cinq de Central Park.

Dans cette émission, Karine Prémont explique comment les cinq jeunes ont été reconnus coupables malgré l’absence de preuves matérielles, décrit leurs conditions de détention de même que relation entre le vrai coupable, Matthias Reyes, et l’un des accusés, Corey Wise.

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