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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Marie Cardinal, auteure intemporelle de la condition féminine

Marie Cardinal, devant une machine à écrire, sourit en tenant une cigarette.

Marie Cardinal en page couverture du livre L'inédit

Photo : Grasset

Avec des romans comme Les mots pour le dire, Écoutez la mer et Les grands désordres, l'auteure pied-noire a capté l'indicible essence de la réalité féminine. Sa vision à la fois frontale, intersectionnelle et critique du féminisme fait que son œuvre reste actuelle, selon Pascale Navarro. La journaliste et auteure parle à Jacques Beauchamp de la culpabilité que Marie Cardinal portait en elle pour la participation de sa famille aux inégalités sociales en Algérie.

Marie Cardinal en plan buste, regardant vers le bas.

Marie Cardinal en 1985

Photo : La Presse canadienne / DENNIS ST.CYR

Marie Cardinal naît en Algérie dans une famille aisée et très stricte de propriétaires viticoles.

Après ses études, elle est d’abord journaliste. Comme on lui fait remarquer qu’elle a une plume très particulière, elle se met à l’écriture littéraire. Elle est d’abord rédactrice anonyme pour le compte d’auteurs souvent masculins. Cette contrainte alimente son désir, plus tard, d’écrire d’une voix résolument féminine.

Psychanalyse et renaissance

Elle suit une psychanalyse pour explorer son « monstre » que l’écriture aide à apprivoiser de plus belle. Les doubles sens suggérés dans les titres de romans comme Écoutez la mer (1962) et Les mots pour le dire (1975) ne sont pas fortuits : c’est bien de la mère dont il est question dans le premier, et de maux dans le second.

C’est avec ce dernier roman, traduit dans une vingtaine de langues, qu’elle réalise être devenue écrivaine; qu’elle s’impose et rencontre le succès. En France, c’est l’année de la loi Veil, qui dépénalise l’avortement, ainsi que de la parution d’Ainsi soit-elle, de Benoîte Groult : le public est à l’écoute des voix de femmes.

Elle aborde toute la question du rapport au corps, comment dire ce qui arrive au corps des femmes, comment elles le vivent. […] Elle a osé cela avec tout ce qui vient avec : le côté sombre qu’on n’aime pas et qui n’est pas mignon, léger, cute ni coquet.

Pascale Navarro
Marie Cardinal, de profil, assise sur un canapé.

Marie Cardinal en 1962

Photo : paris match via getty images / LE TELLIER Philippe

Écrivaine solidaire

Bien que la cause des femmes soit son plus grand combat, le féminisme est pour elle indissociable de la décolonisation, de la justice sociale et de l’écologie. Dans ses prises de parole, elle dénonce les systèmes répressifs en général. Elle se méfie par ailleurs du féminisme académique, qui, à son avis, compartimente les discours à l’excès.

Dans cette émission, Pascale Navarro parle également des traces des racines algériennes de Marie Cardinal dans son œuvre, puis explique pourquoi l'écrivaine est tombée dans l'oubli à partir des années 1980.

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