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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 3 avril 2017

Au Moyen Âge, la peste noire a fauché la vie de millions d’Européens

Publié le

Peinture illustrant les effets de la peste à Bâle, en Suisse, en 1349.
Peinture illustrant les effets de la peste à Bâle, en Suisse, en 1349.   Photo : Getty Images

De 1347 à 1352, près de la moitié de la population européenne a été décimée par la peste noire venue d'Asie. Des millions de personnes, des riches comme des pauvres, ont péri à la suite d'affreuses souffrances, de la Russie jusqu'à l'Afrique du Nord. L'épidémie, désastreuse à tous les points de vue, a bouleversé le portrait démographique et économique d'un continent, souligne le professeur d'histoire Michel Hébert.

Les origines de la peste noire
Michel Hébert explique qu’un foyer de la peste est apparue dans la steppe de l’Asie centrale, puis a atteint les côtes italiennes en 1347. Il ne s’agissait pas de la première épidémie de peste de l’histoire, mais elle a certainement été la plus désastreuse et la plus mortelle.

Les premiers cas ont été répertoriés au sein de l’armée mongole venue à Gênes attaquer les marchands locaux. La peste s’est répandue dans la population italienne lors de ce siège des Génois. Les Mongols, déjà contaminés par la peste dans leur pays, ont délibérément catapulté dans la cité italienne les cadavres de leurs soldats infectés.

Les rats au coeur de l'épidémie
La propagation qui a suivi a été l’œuvre des rats. Installées à bord des bateaux ancrés aux ports italiens, ces bestioles ont rapidement répandu la maladie dans d’autres villes. On sait que la puce du rat permet la migration de la maladie de l’animal vers l’homme. Sur l’humain, elle développe des bubons, des pustules noires, à l’aine et aux aisselles.

La peste est extrêmement contagieuse. On raconte que les personnes atteintes mouraient trois jours après l’apparition des premiers symptômes. Les cimetières ont rapidement été comblés, si bien que les morts étaient enfouis à la sauvette dans des fosses communes. Il est impossible de déterminer le nombre exact de victimes. Quelques statistiques très parcellaires de la dévastation existent toutefois.

« Dans le village de Givry, en Bourgogne, le curé du village a tenu un registre de la population, chose très rare à l’époque. On sait qu’il y a eu 643 morts, dans un village de 1500 personnes, entre du 1er août au 15 novembre 1348. »

La lutte contre la peste
À l’époque, la médecine composait difficilement avec cette catastrophe sanitaire. La quarantaine était la première mesure imposée pour lutter contre la peste noire et éloigner les gens issus de régions suspectes. On établissait aussi des cordons sanitaires pour restreindre l’accès aux zones contaminées. Les vêtements des pestiférés étaient brûlés. Toutefois, selon Michel Hébert, toutes ces mesures employées étaient d’une inefficacité totale.

Le désarroi des dirigeants et de la population devant cette tragédie a entraîné une série d’atrocités. Convaincus que la peste noire était le résultat d’une calamité divine, de nombreux citoyens ont tenté de trouver des responsables. Le bouc émissaire désigné à l’époque était le peuple juif, qu’on accusait d’avoir empoisonné l’eau des puits. Des pogroms ont été mis sur pied et ont fait disparaître des dizaines de milliers de Juifs en quelques jours seulement.

Un vaccin contre la maladie a été inventé au 19e siècle.

+ « La peste, une "maladie du passé" qui hante toujours le monde moderne », Slate.fr - 10 septembre 2015

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