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Jacques Beauchamp
Audio fil du vendredi 24 mars 2017

L’histoire épique des coulisses du Parrain de Coppola

Publié le

Marlon Brando, dans le premier volet de la trilogie Le Parrain, en 1972
Marlon Brando, dans le premier volet de la trilogie Le Parrain, en 1972   Photo : La Presse canadienne / Paramount Pictures

Trop petit, Al Pacino. Ingérable, Marlon Brando. Le film mythique de 1972 mettant en vedette ces deux acteurs aurait bien pu ne jamais voir le jour selon la critique de cinéma Helen Faradji, si Francis Ford Coppola ne s'était pas battu pour imposer ses acteurs fétiches. Elle nous révèle les secrets du chef-d'œuvre.

Avant même que le moteur tourne, les embûches s’accumulent
L’achat des droits du livre à grand succès de Mario Puzo, dont est inspiré le film, inquiète la communauté italo-américaine, qui craint d’être stigmatisée à l’écran. D’après Helen Faradji, ce scandale potentiel fait hésiter Francis Ford Coppola à embarquer dans le projet. Mais, ruiné, il accepte.

Coppola s’emploie ensuite à convaincre les studios d’engager les acteurs qu’il souhaite imposer pour les rôles du Don et de Michael Corleone. Il veut Al Pacino; on lui répond qu’il est trop petit. Il veut aussi Marlon Brando; on lui rétorque qu’il est fini.

La Paramount cède pour Al Pacino : « D’accord, on accepte le nain! », auraient-ils tranché. Mais pour Marlon Brando, le débat fait rage. L’acteur a la réputation d’être ingérable et de ne pas apprendre son texte. On le pousse à passer des essais, lui, l’acteur chevronné. Il lui vient alors une idée géniale. Il récite son texte avec des mouchoirs de papier dans la bouche, ralentissant ainsi sa diction. Méconnaissable, il conquiert les studios : il sera le parrain.

Une ambiance tendue sur le tournage
La relation est houleuse sur le plateau entre le vieux directeur de la photographie Gordon Willis et Francis Ford Coppola, jeune loup ambitieux. L’un met l’accent sur la technique et met des heures à régler ses éclairages, tandis que le plus jeune souhaite que ses acteurs jouent vite avec spontanéité. Les accrochages sont nombreux. Chaque semaine, les studios renvoient le cinéaste, avant de le réintégrer, chaque fois, sous la pression des acteurs. De ce climat de discorde, naît le chef-d’œuvre.

Références :

Le Parrain, de Mario Puzo, aux éditions Robert Laffont, 2011.

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