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L’épidémie d’Ebola de 2014, un défi sanitaire et culturel

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

En reprise tout l'été
Du lundi au vendredi de 23 h 30 à minuit

L’épidémie d’Ebola de 2014, un défi sanitaire et culturel

Un soignant revêt de l'équipement protecteur.

Un soignant met son équipement protecteur avant de commencer son quart dans un hôpital de brousse de Médecins sans frontières en Guinée, en 2014.

Photo : afp via getty images / AFP

Lorsque le dangereux virus s'est répandu dans les populations rurales de Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone, en 2014 et 2015, il a d'abord fallu convaincre les malades de se faire soigner en dépit de certaines croyances et coutumes. On pensait notamment que les Blancs avaient propagé l'Ebola, et que d'en mourir à l'hôpital privait les victimes des rites funèbres islamiques. Sophie Langlois, journaliste, explique à Jacques Beauchamp comment la peur d'un virus peut parfois être plus compliquée à combattre que le virus lui-même.

En décembre 2013, en Guinée forestière, un bébé touche à la chauve-souris que sa mère prépare pour le repas. Pris de violents vomissements, il meurt rapidement. C’est le patient zéro de la pire épidémie d’Ebola depuis l’apparition du virus, en 1976.

Toute la famille du bébé est contaminée, dont sa grand-mère, qui va se faire soigner dans une ville voisine. L’infirmier qui soigne la dame est contaminé, le médecin qui soigne l’infirmier est contaminé, et ainsi de suite. Le virus se répand au-delà des frontières du Liberia et de la Sierra Leone.

Image colorisée du virus Ebola.

Le virus Ebola

Photo : Getty Images / Handout

Méfiance et déni

Sophie Langlois arrive en Guinée en octobre 2014, soit à l’apogée de la crise. Elle constate avec surprise qu’aucune mesure de confinement n’a été mise en place hormis la fermeture des écoles.

Elle voit aussi que les malades sont réticents à recevoir des soins. On rapporte des attaques contre des équipes de soignants venues de l’étranger. Elles sont dues à la croyance voulant que des Blancs aient apporté cette maladie. Puisque, également, les funérailles des premières victimes ont été interdites aux proches, on garde les malades chez soi afin de pouvoir observer les rites funéraires musulmans.

La communauté internationale, elle, tarde à réagir.

Ça a servi d’électrochoc. C’est à ce moment-là qu’on a pris conscience qu’un fléau comme la grippe espagnole n’était pas juste de l’histoire ancienne, qu’une pandémie planétaire était possible, même probable. […] On s’est peut-être un peu endormi après, mais je pense vraiment qu’on a mieux réagi, en 2020, à cette épidémie de coronavirus à cause de l’épidémie d’Ebola.

Sophie Langlois
Entrée d'un hôpital gouvernemental de Guinée en août 2014.

Devant un hôpital gouvernemental de Guinée, au plus fort de l'épidémie de 2014, une bannière plaidait que l'Ebola était une menace réelle.

Photo : afp via getty images / CARL DE SOUZA

Ajuster le tir

Sophie Langlois rencontre notamment Valentin, un jeune homme qui, en dépit d’une bonne éducation, a commis toutes les erreurs après que sa mère ait succombé à la maladie : il a recueilli sa sœur, elle aussi malade, et a lui-même contaminé sa famille immédiate.

Les autorités changent d’approche vis-à-vis des victimes : on adopte des linceuls blancs et non noirs, conformément aux rites islamiques, et on permet à quelques proches d’assister aux funérailles. De telles mesures aident à convaincre les malades de se faire soigner.

Lorsque l’épidémie s’essouffle, en 2015, 11 000 personnes ont succombé à l’Ebola.

Selon Sophie Langlois, la déforestation industrielle, pour extraire la bauxite et produire l’huile de palme, a contribué à l’éclosion de cette épidémie, puisqu’elle a rapproché la faune sauvage de zones peuplées. Les mouvements démographiques des années 1990 ont également contribué à la destruction d’habitats naturels.

La journaliste, elle, a tenu à aller couvrir l’épidémie afin de donner des visages aux statistiques.

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