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L’entrée tardive mais fracassante du journalisme d’enquête au Québec

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

En reprise tout l'été
Du lundi au vendredi de 23 h 30 à minuit

L’entrée tardive mais fracassante du journalisme d’enquête au Québec

La juge France Charbonneau, devant un micro, dans les locaux de la commission qu'elle a présidé.

La commission Charbonneau a été déclenchée à la suite de reportages de l'émission Enquête sur la collusion et la corruption dans le milieu de la construction au Québec.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Bien implanté aux États-Unis au moment du scandale Watergate, dans les années 1970, le journalisme d'investigation n'a véritablement pris forme au Québec qu'avec l'arrivée de l'émission Enquête, selon Alain Gravel. L'animateur discute avec Jacques Beauchamp des grands dossiers qui, depuis les années 1940, ont ouvert la voie à une telle pratique, et parle de l'importance du travail d'équipe pour débusquer l'information.

Pacifique Plante.

Dans les années 1940, Pacifique Plante a ouvert la voie au journalisme d'enquête en publiant une série d'articles sur le monde criminel.

Photo : Bibliothèque et Archives Canada / /The Standard, 2 août 1947.

Durant ses études, Alain Gravel se fait dire que le journalisme d’enquête est trop risqué et dispendieux pour intéresser les entreprises de presse québécoises.

Néanmoins, les précédents existent. Dans les années 1940, Pacifique Plante, ancien chef de l’escouade de la moralité de la police de Montréal, alimente une soixante d’articles pour le compte du Devoir à propos du monde interlope. Gérard Pelletier, futur ministre, en est le rédacteur, et Jean Drapeau, futur maire, le superviseur juridique.

Avant la construction, le gaz naturel

Dans les années 1950, Pierre Laporte, alors journaliste, révèle que des fonctionnaires et des députés ont profité financièrement d’information privilégiée sur la vente des activités de distribution et de production de gaz naturel de la Commission hydroélectrique de Québec. L’affaire fait scandale et a des répercussions politiques majeures.

C’est une forme très noble de l’exercice du journalisme, mais aussi très exigeante, où il faut faire preuve de beaucoup de rigueur, de beaucoup d’impartialité, aussi.

Alain Gravel

Dans les années 1980 et 1990, le quotidien The Gazette fait une place au journalisme d’enquête avec William Marsden, Rod Macdonell et Andrew McIntosh. Le trio met notamment au jour les écarts d’un juge qui préfère jouer au golf au lieu de délibérer.

Ce n’est toutefois qu’avec la création de l’émission télévisée Enquête, animée par Alain Gravel de 2007 à 2015, que le journalisme d’investigation est réellement pratiqué au Québec.

J’étais flatté, mais, en même temps, j’avais une peur bleue. Je n’y croyais pas vraiment. Je me disais : "On va faire du journalisme d’enquête… toutes les semaines?" […] Mon patron a dit : "Toutes les semaines, chaque semaine, chaque reportage."

Alain Gravel
Pierre Laporte.

Dans les années 1950, Pierre Laporte, alors journaliste, a mis au jour un scandale de collusion dans le domaine du gaz naturel.

Photo : La Presse canadienne

De Jeanson à Accurso

Dès la deuxième émission, Alain Gravel présente un reportage sur les aveux de dopage de la coureuse cycliste Geneviève Jeanson. Enquête prend ainsi un élan qui se poursuit jusqu’à l’affaire du scandale de la construction.

Ce scandale éclate avec la diffusion, les 5 et 12 mars 2009, de reportages qui font état du train de vie princier d’un leader syndical de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), ainsi que des liens entre des figures politiques ou syndicales et l’entrepreneur Tony Accurso. Ces révélations mènent à la création de la commission Charbonneau.

Selon Alain Gravel, le journalisme d’enquête connaît aujourd’hui son âge d’or avec, notamment, la création de consortiums dirigés par des sociétés à but non lucratif, la collaboration entre médias non concurrents, de même que l’implication de fondations bien en moyens.

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