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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

J’ai vu le loup, le renard, le lion, un spectacle mythique

Félix Leclerc, Robert Charlebois et Gilles Vigneault.

Félix Leclerc, Robert Charlebois et Gilles Vigneault

Photo : Roland Lachance

Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois : trois générations, trois approches différentes de la chanson, une même ferveur nationaliste. Le 13 août 1974, ils ont donné ensemble le premier concert extérieur collectif du Québec devant une foule monstre, évaluée entre 100 000 et 300 000 personnes, sur les plaines d'Abraham. Monique Giroux, animatrice à ICI Musique, explique à Jacques Beauchamp pourquoi le concert a tant marqué la chanson québécoise, en plus de contribuer à l'effervescence politique de l'époque.

Le spectacle est l’événement d’ouverture de la Superfrancofête, qui a lieu à Québec du 13 au 24 août 1974. Il s’agit d’une initiative des gouvernements du Québec et du Canada, ainsi que de l’Agence de coopération culturelle et technique (aujourd’hui Organisation internationale de la Francophonie). Trois mille délégués de 25 pays sont attendus.

L’organisation du concert est confiée à Guy Latraverse, notamment responsable de L’osstidcho (1968). Le producteur souhaite réunir les 3 géants de la chanson, qui ont chacun 15 ans de différence d’âge : Félix Leclerc a 60 ans; Gilles Vigneault, 45 ans, et Robert Charlebois, 30 ans.

Le défi Félix Leclerc

Les deux plus jeunes sont partants, mais convaincre le célèbre poète promet de ne pas être une mince affaire. Ce dernier est alors pratiquement à la retraite, et il se méfie des « farces plates » de Charlebois. Le rockeur est en effet connu pour avoir lancé une batterie dans la salle de l’Olympia en 1969.

Gilles Vigneault se voit confier la tâche de plaider auprès de Leclerc, qui accepte finalement.

Sans cet événement, Félix n’aurait jamais vu une telle foule devant lui. Même 5000 ou 6000 personnes, je ne sais pas si ça lui est arrivé. Vigneault, après; Charlebois, évidemment […] ont pu revivre ces événements-là à d’autres occasions, mais Félix ne chantait plus beaucoup. Donc, qu’il ait pu vivre ça grâce à cet événement, ç’a dû être absolument émouvant. Charlebois m’avait dit que c’était comme si on assistait à un accouchement.

Monique Giroux
Gilles Vigneault, Félix Leclerc et Robert Charlebois sur scène lors du spectacle <i>J'ai vu le loup, le renard, le lion</i>.

Photo du concert J'ai vu le loup, le renard, le lion, qui a eu lieu le 13 août 1974 sur les plaines d'Abraham, à Québec. La photo orne également la pochette du disque tiré du concert.

Photo : GSI Musique

Siffler pour ne pas pleurer

Félix est nerveux, le soir du spectacle. Lorsque le public arrive et dépasse les 100 000 têtes de pipe, il dit à Robert Charlebois : « Moi, dans ce temps-là, je retiens mes larmes et je me mets à siffler pour ne pas pleurer. »

Pour les trois artistes, il s’agit d’un moment important. Chacun chante avec les autres. Le ton est éminemment politique. Pierre Elliott Trudeau et Robert Bourrassa sont dans l’assistance.

En conclusion, le trio se réunit pour chanter Quand les hommes vivront d’amour, de Raymond Lévesque.

Le spectacle n’est pas filmé pour la télévision, mais il est enregistré et fait l’objet d’un disque, qui paraît également en France. Le public français a dès lors l’impression que c’est Félix Leclerc qui a composé Quand les hommes vivront d’amour, même si l’artiste français Eddie Constantine est le premier à l’avoir enregistrée, en 1956.

Léo Ferré, par la suite, aurait exprimé à Robert Charlebois sa jalousie qu’un événement pareil soit inconcevable en France. Les artistes français, à son sens, se disputeraient trop la tête d’affiche du programme.

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