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L’odeur de la mort, ou les souvenirs de la guerre du Kosovo de Manon Globensky

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

En reprise tout l'été
Du lundi au vendredi de 23 h 30 à minuit

L’odeur de la mort, ou les souvenirs de la guerre du Kosovo de Manon Globensky

Bord d'une route de campagne du Kosovo au lendemain du cessez-le-feu qui mettait fin à deux ans de guerre ouvertge, en juin 1999.

Les possessions d'Albanais ayant fui le Kosovo jonchaient toujours cette route reliant les villes de Pristina et de Prizren, le 16 juin 1999.

Photo : afp via getty images / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

En juin 1999, la journaliste en était à ses premières armes en actualité internationale lorsqu'elle est entrée, avec les Forces du Kosovo (KFOR), dans un pays ravagé par la guerre. Elle a vu l'accueil triomphal des Albanais aux soldats des troupes multinationales et les plaies béantes du conflit, en plus de connaître les premières instances de journalisme embarqué. Manon Globensky raconte à Jacques Beauchamp comment la population locale guidait les journalistes vers les lieux où s'étaient produits les massacres, afin qu'ils témoignent de ce qu'ils ont vu.

En atterrissant à Vienne, Manon Globensky pense d’abord se rendre en Macédoine pour rendre compte de l’impatience des Albanais dans les camps de réfugiés. Ces derniers ont fait les frais de l’occupation du Kosovo par les Serbes, et des affrontements avec l’Armée de libération du Kosovo (UCK) qui en ont résulté.

Toutefois, elle apprend que le président serbe Slobodan Milosevic a accepté un cessez-le-feu, et qu’elle peut conséquemment entrer au Kosovo.

Joie, peur et douleur

À la frontière, elle voit le balai impressionnant des hélicoptères et des avions affairés à sécuriser les routes du pays, tirant parfois des ponts entiers afin de permettre à la KFOR de circuler.

À Urosevac, la population longe la route, fleurs à la main, pour accueillir les soldats. Pour les habitants de la région, c’est la libération. Manon Globensky trouve le paysage presque bucolique, et peine à croire qu’une guerre a eu lieu en cet endroit.

Scène de joie dans les rues du Kosovo lors de la fin des hostilités, en juin 1999.

Au lendemain du cessez-le-feu qui mettait fin à deux ans de guerre, en juin 1999, de nombreux Albanais ont accueilli les soldats en héros.

Photo : afp via getty images / AFP Contributor

Les déplacements en voiture sont anxiogènes : les journalistes doivent se méfier des mines et des francs-tireurs serbes restés dissimulés.

À Korenica, on la guide vers une maison de village incendiée. C’est là qu’elle côtoie la mort pour la première fois.

Quand on est arrivés dans la pièce à l’étage supérieur, on voyait clairement des ossements humains. Et l’odeur. Elle est restée avec moi longtemps, cette odeur. C’est la première fois que je sentais un corps humain qui avait brûlé, mêlé à l’odeur de l’essence, mêlé à l’odeur du bois. Ce qu’on nous a raconté, c’est que les hommes de la famille avaient été exécutés dans cette pièce. Ensuite, les policiers serbes ont jeté des couvertures en feu sur les cadavres.

Manon Globensky

Elle voit aussi les puits contaminés par des cadavres, animaux ou humains. Vingt-neuf des quarante-quatre puits du village ont ainsi été mis hors service.

Des soldats de l'OTAN dans les rues du Kosovo, en juin 1999.

Des soldats de l'OTAN tentant de débusquer un franc-tireur, le 17 juin 1999.

Photo : afp via getty images / AFP Contributor

L’heure des comptes

Dans le stationnement d’un monastère orthodoxe incendié, des coups de feu rasent la voiture des journalistes : ce sont des Albanais qui, en guise de représailles, s’attaquent aux lieux serbes importants.

À Pristina, Manon Globensky visite un hôpital où se trouvent des Albanais estropiés. À leur retour des camps de réfugiés, plusieurs ont en effet trouvé leur maison piégée.

Au terme de son séjour, la journaliste a l’impression qu’en dépit du cessez-le-feu, les tensions persistent entre Albanais et Serbes, au point où le conflit pourrait reprendre à tout moment.

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