•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Le populisme, un mouvement récurrent aux États-Unis

Audio fil du jeudi 2 mars 2017
Caricature où l'oncle Sam regarde avec mépris des immigrants arrivant à Ellis Island, en face de New York.

Caricature où l'oncle Sam regarde avec mépris des immigrants arrivant à Ellis Island, en face de New York.

Photo : Magazine Judge du 4 avril 1891 / illustration de Grant E. Hamilton

N'appartenant ni à la gauche ni à la droite, le populisme est revenu en force à plusieurs occasions au cours de l'histoire des États-Unis. Ce credo politique qui cherche à répondre aux revendications du peuple est surtout apparu dans des périodes de transition économique, lorsque la misère a nourri le ressentiment. L'historienne Marise Bachand décrit les différentes formes qu'a eues le populisme américain.

Sept caractéristiques du populisme américain

  1. Apologie des gens ordinaires et du sens commun (du « gros bon sens »)
  2. Racines rurales (et aujourd’hui suburbaines)
  3. Antiélitisme, haine des riches, des experts, de ceux qu’on associe au pouvoir
  4. Méfiance envers les intellectuels
  5. Peur de la centralisation
  6. Forte tendance au protectionnisme et à l’isolationnisme
  7. Vision nostalgique de la culture et de la société américaine (famille, religion, communauté)

Selon Marise Bachand, le populisme américain propose une vision manichéenne du monde, dans lequel il y a les bons – les gens qui travaillent – et les mauvais – ceux qui profitent du travail des autres. Les classes démonisées par les populistes peuvent autant être de riches rentiers que des pauvres marginaux.

Les années marquées par le populisme
Des attitudes populistes sont présentes après la guerre civile américaine, lorsque la société commence à s’industrialiser et à s’urbaniser. Mais la première grande figure populiste aux États-Unis est le septième président, Andrew Jackson, en poste de 1829 à 1837. Celui-ci s’attaque surtout aux Autochtones, qu’il qualifie de voleurs de terre pour les cultivateurs blancs.

À la fin du 19e siècle, des fermiers se sentant délaissés par les élus fondent leur propre parti populiste, le People’s Party. Dans les années 1960 et 1970, les idées populistes refont surface quand les États-Unis commencent à se désindustrialiser. Puis, elles atteignent des sommets avec la mondialisation, dans les années 2000 et 2010.

Deux formes de populisme : l’inclusif et l’exclusif
Marise Bachand décrit deux formes de populisme qui cohabitent au fil du temps aux États-Unis. Le populisme inclusif s’attaque aux élites économiques et aux politiciens qui les soutiennent. Ce populisme de classe s’adresse à tous les Américains, peu importe leur religion ou leur culture. Les manifestations antimondialisation de 1999, à Seattle, s’inscrivent dans cette tradition.

Le populisme exclusif s’en prend aussi aux élites, mais a une définition du peuple plus restrictive. Généralement raciste, ce type de populisme s’adresse aux citoyens blancs. Il dénigre les Noirs, les Mexicains, les Chinois et aujourd’hui les musulmans. Le Klu Klux Klan, la chasse aux sorcières du sénateur McCarthy et l’administration de Donald Trump s’apparentent plutôt à ce courant xénophobe.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi