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Le génie marin du navigateur Éric Tabarly, héros de la voile

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

En reprise tout l'été
Du lundi au vendredi de 23 h 30 à minuit

Le génie marin du navigateur Éric Tabarly, héros de la voile

Le navigateur français Éric Tabarly.

Éric Tabarly en 1987

Photo : afp via getty images / -

Deux fois champion de la traversée de l'Atlantique en solitaire et détenteur du record de la traversée de l'Atlantique la plus rapide de l'histoire, il a amené, par ses exploits, la France et le reste du monde à s'intéresser aux courses nautiques. Inventeur astucieux, il a innové en dotant ses embarcations de systèmes de flottaison empruntés aux sous-marins de même qu'aux embarcations polynésiennes. Joël Le Bigot, animateur féru de navigation, raconte à Jacques Beauchamp qu'Éric Tabarly pratiquait la voile à l'ancienne : à fond et sans protection.

Le navigateur Éric Tabarly aux commandes du Pen Duick.

Éric Tabarly à bord du Pen Duick

Photo : Philip Plisson

Dès son service militaire, Éric Tabarly sait que la mer sera sa vie. Dans son baraquement, il dort toutes fenêtres ouvertes afin de développer une résistance au vent et au froid. Au sein des forces armées, il est pilote de l’aéronavale, puis lieutenant.

Il reçoit de son père une épave datant de 1898 et promise à la casse. Il la baptise Pen Duick et passe sa vie à la rénover. Il refait la coque au moyen d’un moulage, ce qui ne s’était jamais vu auparavant.

Battre pavillon français

En 1964, il fait sa marque une première fois en remportant la course Transat anglaise en solitaire. L’épreuve relie la côte atlantique européenne à la côte Ouest américaine. Dominé par les Britanniques, le circuit des courses nautiques intéresse alors peu les Français, mais la victoire de Tabarly change radicalement la donne. Le public est fasciné par Tabarly, les commanditaires s’intéressent soudainement aux courses de bateaux, et les inscriptions à la Transat montent en flèche.

Tout à coup, un homme dit : "Je peux gagner; je n’ai qu’à fabriquer un bateau fait pour cette course." Toute sa vie, ce sera ça. Il construira, il fabriquera des bateaux très spécifiquement pour les courses. Il faut dire aussi que, pour les Français, depuis la défaite en Égypte à l’époque napoléonienne, depuis la défaite de Trafalgar, il n’y avait pas beaucoup de victoires.

Joël Le Bigot
Le bateau Cote d'Or, avec, à son bord, le navigateur Éric Tabarly et l'animateur Joël Le Bigot, entre autres.

Éric Tabarly, Joël Le Bigot et quelques autres à bord du Cote d'Or

Photo : Christian Février

En 1976, il répète l’exploit en remportant à nouveau la Transat anglaise. La température est si mauvaise – il affronte cinq dépressions en huit jours et son pilote automatique tombe en panne, le forçant à ne pas dormir – qu’il passe près d’abandonner. À l’arrivée, il étonne par son calme, de même que pour avoir réussi à diriger seul une aussi grosse embarcation vers la victoire.

En 1980, il établit le record de la traversée de l’Atlantique Nord à la voile en battant de deux jours le temps de traversée de l’Américain Charlie Bard, en 1905.

C’est la mer qui prend l’homme

En 1998, le Pen Duick est enfin terminé et Éric Tabarly entend le montrer lors d’une réunion d’adeptes des bateaux du constructeur original, William Fife, en Écosse. Dans la nuit du 12 au 13 juin, Éric Tabarly tombe et disparaît en mer. Il a 68 ans.

Selon Joël Le Bigot, Éric Tabarly était un coureur d’océans qui a fait rêver les amateurs de grands espaces et de personnages téméraires. À force de détermination et d’inventivité, il pouvait franchir en 28 jours des distances que les bateaux d’aujourd’hui font en 40 jours.

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