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Le combat d’Abigail Hoffman pour briser le plafond de verre dans le sport

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

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Le combat d’Abigail Hoffman pour briser le plafond de verre dans le sport

Neuf femmes courent vers la ligne d'arrivée sur une piste de course en 1964.

Abigail Hoffman (première à gauche) à la ligne d'arrivée d'une compétition, en 1964

Photo : Popperfoto via Getty Images / Ed Lacey/Popperfoto

Par ses simples désirs de jouer au hockey, puis de courir, l'athlète canadienne a mis en lumière la discrimination envers les femmes dans le monde sportif. Enfant, elle avait défrayé la manchette en se faisant passer pour un garçon afin de pouvoir jouer au hockey dans une ligue mineure. Après une carrière bien remplie comme coureuse, elle a poursuivi sa lutte au sein de diverses organisations sportives. Marie-Josée Turcotte, journaliste sportive, raconte à Jacques Beauchamp comment la petite histoire d'Abigail Hoffman a rejoint la grande histoire des femmes dans le sport.

Abigail Hoffman apprend à patiner à 3 ans, puis à jouer au hockey à 5 ans. À 9 ans, elle se fait couper les cheveux et change son prénom pour Abby afin de se faire recruter par les Teepees de St. Catharines, en Ontario. Elle se démarque comme défenseuse. C’est seulement lorsqu’on lui demande son certificat de naissance en vue d’un tournoi que l’on découvre qu’elle est une fille.

Si son entraîneur décide de la laisser jouer, la ligue, une fois la saison terminée, change les règlements pour exclure les filles à l’avenir. Appuyée par ses parents, Abigail se rend en Cour suprême de l’Ontario, qui donne raison à la ligue.

Abby préfère la course

Plus tard, elle se tourne vers la course et se spécialise dans le 800 mètres. En 1964, elle participe aux Jeux olympiques de Tokyo, quatre ans seulement après que la discipline eut été réintroduite au programme pour les femmes – elle avait été bannie après les Jeux de 1928 puisqu’on la jugeait nuisible aux femmes.

Son combat a aussi été de changer l’image du corps des femmes. Ça va aussi loin que ça. Parce que, longtemps, les mots "force", "puissance" et "endurance" n’étaient que masculins. […] On tolérait qu’elles fassent du patinage artistique, de la gymnastique artistique, parce que c’était gracieux et élégant. Je ne vous parle pas du Moyen-Âge; je vous parle des années 1950, 1960, 1970.

Marie-Josée Turcotte

S’attaquer à l’absurde pour réussir l’impossible

En 1966, à l’Université de Toronto, on lui refuse l’accès à la piste intérieure d’athlétisme, qui est réservée aux hommes. L’événement lui inspire ces mots, qui se retrouveront plus tard sur une plaque dans le même établissement : « Seule celle qui ose s’attaquer à l’absurde saura réussir l’impossible. »

Aux Jeux du Commonwealth de 1966, elle est médaillée d’or. Aux Jeux olympiques de Mexico, en 1968, puis à ceux de Munich, en 1972, elle accède aux finales, confirmant sa place parmi les huit meilleures coureuses au monde en 800 mètres. Aux Jeux olympiques de Montréal, en 1976, elle est la première femme à porter le drapeau de l’équipe canadienne.

En 1981, elle devient la première femme élue au conseil de direction du Comité olympique canadien. La même année, elle devient la première directrice générale de Sport Canada. En 1985, elle est l’une des premières femmes à siéger au Conseil de la Fédération internationale d’athlétisme.

Selon Marie-Josée Turcotte, la lutte d’Abigail Hoffman a contribué à rendre les installations sportives plus accessibles aux femmes, à mettre en place des programmes sportifs pour les femmes, et à aider les femmes à prendre leur place dans le monde du sport.

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