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Kondiaronk, le grand guerrier huron-wendat qui voulait la paix

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

En reprise tout l'été
Du lundi au vendredi de 23 h 30 à minuit

Kondiaronk, le grand guerrier huron-wendat qui voulait la paix

Illustration du chef huron Kondiaronk.

Portion de la couverture du livre Kondiaronk, grand chef autochtone, de Marie Roberge, paru aux Éditions de l'Isatis

Photo : Éditions de l'Isatis

C'est largement grâce à lui qu'a été signé, en 1701, le traité de la Grande Paix de Montréal, qui ramenait l'harmonie dans une région ravagée par les conflits depuis près d'un siècle. Redoutable chef de guerre, fin stratège et brillant orateur, il a su convaincre 36 nations autochtones, pour la plupart ennemies, de venir négocier avec les Français. Serge Bouchard, animateur et anthropologue, raconte à Jacques Beauchamp la mort dramatique de cet ambassadeur après un ultime plaidoyer en faveur de la paix.

Kondiaronk vient au monde vers 1625 dans la nation Tionontati, appelée « les Pétuns » (un archaïsme pour désigner le tabac) par les Français. La guerre et les épidémies ont raison des Tionontati. De par son appartenance à la région de Michilimackinac-Mackinac (qui devient plus tard Sault-Sainte-Marie), Kondiaronk devient associé aux Hurons-Wendat.

Toute sa vie, il ne connaît que la guerre et la violence : celle entre Français et Anglais, celle entre nations autochtones, de même que la guerre commerciale qui fractionne la Nouvelle-France.

Des Hurons-Wendat rencontrent des Français à l'époque de la Nouvelle-France.

Reconstitution d'une rencontre entre Hurons-Wendat et Français dans un épisode de la télésérie La feuille d'érable (1972)

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Un bien nécessaire

Catholique baptisé, il n’est pas moins méfiant envers les Français. Ces derniers ont trahi les Hurons-Wendat en tentant de négocier la paix avec les Iroquois, leurs ennemis jurés. Comme bien des Autochtones, il croit également que les Français contrôlent les maladies qui déciment son peuple, et les disséminent par les Jésuites.

Voyant toutefois que les Hurons-Wendat sont en train de connaître le même sort que les Tionontati, il décide d’agir.

Kondiaronk sait ce que ça coûte, la guerre. Ça peut provoquer l’extermination complète d’un peuple. C’est vrai que ce sont de petits peuples – il y a, dans les Grands Lacs, peut-être 30 000, 40 000 Hurons-Wendat –, mais il reste que ce sont de grands désastres identitaires, et lui ne veut plus ça. Il défend l’intérêt de la coalition des Hurons-Wendat de Michilimackinac, il défend l’intérêt de son peuple, et l’intérêt des autres peuples des Grands Lacs, aussi.

Serge Bouchard
Plaque commémorative en l'honneur de Kondiaronk et de Louis-Hector de Callière.

Plaque honorant Kondiaronk et Louis-Hector de Callière

Photo : Domaine public

Patient émissaire

Avant même l’arrivée de Callière comme gouverneur de la Nouvelle-France en remplacement de Frontenac, Kondiaronk passe un an ou deux à convaincre les 36 nations de la vallée du Saint-Laurent à venir négocier la paix à Montréal. Il est convaincant, mais les circonstances jouent aussi en sa faveur : les Iroquois n’ont plus le soutien matériel des Anglais en raison de la trêve avec les Français, et chaque camp se trouve éprouvé par toutes ces années de guerre.

Les négociations commencent dans la semaine du 21 juillet 1701. Ce rassemblement de 1200 Autochtones dans une ville d’autant d’habitants constitue l’un des plus grands spectacles que Montréal ait connu.

Jusqu’au dernier souffle

L’opération passe bien près d’être un échec : une épidémie de grippe fait rage, et les Iroquois n’ont pas rempli leur promesse d’emmener des prisonniers de guerre pour procéder à un échange, comme convenu.

Kondiaronk, vieux et malade, conclut les négociations par un vibrant plaidoyer de deux heures. Puis, il s’effondre. Quelques heures plus tard, dans la nuit du 2 août, il meurt à l’Hôtel-Dieu. Comme il est baptisé, il a droit à un grand cortège funèbre rassemblant Autochtones et Français. Cette cérémonie pave la voie à la signature de la Grande Paix, quelques jours plus tard.

Par son engagement à réaliser la paix, Kondiaronk a permis aux Français d’explorer les Grands Lacs, le Michigan, le Wisconsin et l’Illinois; de s’y installer et d’ouvrir des postes de traite, ce qui a permis au commerce des fourrures de se poursuivre avec une relative fluidité jusqu’à la conquête anglaise de 1760.

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