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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

The Wire : plus qu’une série policière, un portrait de société

Un policier en uniforme parle au cellulaire.

Dominic West dans la série The Wire

Photo : HBO

Pas de héros, pas d'acteurs connus, de nombreux personnages, une trame narrative dense et très lentement déployée à propos de gangs de rue de Baltimore et des policiers qui les traquent... Cette proposition atypique, qui n'a récolté que des cotes d'écoute faméliques lors de sa diffusion, de 2002 à 2008, est devenue avec le temps une œuvre culte, dont l'influence sur la culture populaire continue de se faire sentir. Helen Faradji, critique de cinéma, explique à Jacques Beauchamp comment l'avènement du visionnement en rafale a permis à Sous écoute d'être enfin appréciée à sa juste valeur.

Ed Burns et David Simon

Les concepteurs et coproducteurs de la série The Wire, Ed Burns et David Simon

Photo : Getty Images / Stephen Shugerman

David Simon et Ed Burns font connaissance au milieu des années 1980, au cours d’une enquête policière sur un caïd de la drogue de la ville de Baltimore, dans l’État du Maryland. Simon est journaliste aux faits divers, Burns est policier. Tous deux souhaitent voir la ville lutter davantage contre la corruption des autorités et les iniquités sociales.

Lorsqu’ils se retrouvent, Simon est devenu auteur et Burns, enseignant au primaire. Ils écrivent ensemble The Corner: A Year in the Life of an Inner City Neighborhood, que la chaîne HBO adapte en minisérie.

Il était une fois Baltimore

Sous écoute est leur second projet commun. Ils échafaudent une antisérie policière qui ne se limite pas à l’enquête classique et qui n’est pas tournée en studio. Plusieurs personnages sont inspirés de personnes réelles, et du lot, un seul se démarque vraiment par son importance : la ville de Baltimore elle-même. Le tandem a à cœur de coller à la réalité du crime telle que tous deux l’ont connue.

Il s’agit d’exposer à la fois les inégalités qui existent dans la ville de Baltimore, mais aussi les dysfonctionnements des différents systèmes – politique, scolaire, médiatique… L’idée, c’est vraiment de montrer comment les gens doivent se débrouiller quand ils sont soumis à cette pression du système, qui a tendance à les écraser et à les maintenir dans une espèce de statu quo extrêmement misérable.

Helen Faradji

Sang neuf

Devant la caméra autant que derrière, Simon et Burns misent sur des novices du monde de la télé. La distribution compte des acteurs de théâtre, des acteurs locaux, des Britanniques, et même d’anciens criminels. L’équipe de scénaristes comprend des journalistes, des romanciers et des dramaturges.

La première saison de Sous écoute relate le démantèlement d’un réseau de trafic de drogue au moyen d’écoutes téléphoniques; la seconde examine comment la drogue entre dans la ville par les quais et les débardeurs qui y travaillent; la troisième se penche sur la politique municipale; la quatrième porte sur les failles du système scolaire; et la cinquième traite des médias locaux.

Quatre acteurs et actrice de la série <i>The Wire</i> marchent en discutant.

Diffusée sur la chaîne américaine HBO entre 2002 et 2008, The Wire est largement considérée comme l'une des meilleures séries de tous les temps.

Photo : Facebook / The Wire

Histoire en quête d’un format

L’intérêt du public pour la série est si mince que HBO saute des semaines de diffusion et laisse passer deux ans entre la troisième et la quatrième saison. David Simon doit supplier la chaîne pour pouvoir réaliser une cinquième saison, et doit abandonner l’espoir d’en faire une sixième, tel qu’il l’entendait.

Puis, la sortie de la télésérie en format DVD change radicalement la donne. Maintenant qu’il n’est plus contraint d’attendre une semaine pour suivre une intrigue complexe, le téléspectateur peut l’apprécier à sa juste valeur. Des figures comme Barack Obama et Stephen King avouent être des adeptes. On enseigne la série à Harvard.

Selon Helen Faradji, Sous écoute combine l’intensité du documentaire et une atmosphère intime pour produire une imposante fresque dramatique proposant rien de moins qu’un portrait des États-Unis et de la faillite du rêve américain.

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