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Mars 2011 : circuler dans un Japon dévasté par une triple catastrophe

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

En reprise tout l'été
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Mars 2011 : circuler dans un Japon dévasté par une triple catastrophe

Des résidents de Minamisanriku marchent à travers les décombres laissés par le tsunami du 11 mars 2011.

Des gens marchent à travers les décombres dans la ville de Minamisanriku, au Japon, au lendemain du tsunami qui a dévasté la région, le 11 mars 2011.

Photo : afp via getty images / YOMIURI SHIMBUN

Un séisme de 9,1 sur l'échelle de Richter, un tsunami assez fort pour pulvériser 600 km de côte, un accident nucléaire à la centrale de Fukushima... Le 11 mars 2011, ce sont trois tragédies d'une ampleur sans précédent qui se sont abattues en rafale sur le Japon, causant la mort de près de 20 000 personnes. Le journaliste Étienne Leblanc, qui était sur place, raconte à Jacques Beauchamp les quelques jours surréels qu'il a passés à naviguer entre, d'un côté, l'organisation rigoureuse des Japonais, et, de l'autre, le chaos le plus total.

À 14 h 46, un séisme rayonnant depuis son épicentre dans l’océan Pacifique, à 130 km de la ville de Sendai, secoue le Japon pendant près de deux minutes. Il s’agit de l’un des cinq plus forts tremblements de terre au monde depuis un siècle.

Dix minutes plus tard, un tsunami envoie des vagues de 15 à 30 mètres de hauteur sur la côte. À certains endroits, elles franchissent plus de 10 km de distance à l’intérieur des terres.

À Montréal, il n’est pas encore 4 h. À 7 h 30, une équipe de Radio-Canada est formée pour aller couvrir la triple tragédie. À midi, le reporter Étienne Leblanc est dans l’avion. L’équipe n’a que le temps d’une escale à Détroit pour se trouver des intermédiaires pouvant les guider au Japon. Ce n’est qu’une fois arrivée à Tokyo que l’équipe apprend qu’en plus du séisme et du tsunami, un accident nucléaire est également survenu à la centrale de Fukushima Daiichi.

De la fumée s'échappant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, le 12 mars 2011.

Vue aérienne de la centrale nucléaire de Fuskushima Daiichi alors que de la fumée s'échappait de l'un de ses réacteurs, le 12 mars 2011.

Photo : The Associated Press

Un défi de plus

En raison de cet accident nucléaire, les guides repérés depuis Détroit se désistent et l’équipe doit recommencer ses recherches. Après deux jours à sentir de fortes répliques du séisme depuis son hôtel, elle déniche de nouveaux effectifs, dont une Québécoise vivant au Japon.

À Sendai, Étienne Leblanc trouve une ville en relativement bon état grâce à ses constructions parasismiques. Rien, toutefois, ne peut le préparer à ce qu’il voit le lendemain matin en arrivant dans la zone dévastée par le tsunami.

Au bout d’une route, on est arrivés devant cette mer de débris. Ça nous est apparu presque soudainement. Je ne pouvais pas en croire mes yeux. C’était à perte de vue. Il y avait des maisons complètement pulvérisées, des effets personnels, des meubles dans la boue, ici et là, des voitures les unes par-dessus les autres… Nous étions à 4 km de la rive et il y avait des bateaux que la vague avait transportés jusqu’à l’intérieur des terres.

Étienne Leblanc
Des Japonais dorment dans un édifice public après avoir été évacués, en mars 2011.

Refuge aménagé dans un édifice public japonais dans la foulée du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars 2011

Photo : Getty Images / Handout

La vie malgré tout

Dans les églises transformées en refuges, le journaliste est étonné par la solidarité des Japonais avec les personnes âgées, ainsi que par l’efficacité des équipes de secours. Il est ému par la résilience de ces gens qui ont tout perdu, mais aussi par la joie de ceux qui ont la chance de retrouver leurs proches.

Deux semaines plus tard, il est de retour à Tokyo. Il voit la capitale reprendre vie après une dormance inhabituelle.

Selon Étienne Leblanc, cette triple tragédie a changé la face énergétique du Japon. Des 54 centrales nucléaires en service avant 2011, il n’en reste plus aujourd’hui que 9 depuis que le pays est revenu aux énergies fossiles.
La résilience et la solidarité ont par ailleurs permis aux Japonais de reconstruire la zone dévastée avec une rapidité étonnante.

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