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Le legs musical de Yuli et Eleonora Turovsky

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

Le legs musical de Yuli et Eleonora Turovsky

Photo en noir et blanc de Yuli Turovsky qui dirige un orchestre.

En 1983, Yuli et Eleonora Turovsky fondent l'ensemble I Musici de Montréal.

Photo : I Musici de Montréal

Violoncelliste de très grande réputation en URSS, Yuli Turovsky débarque à Montréal avec son père, sa mère, sa femme, Eleonora, et sa fille, Natasha, en 1977. En plus de créer l'ensemble I Musici de Montréal en 1983, Yuli Turovsky et sa femme ont contribué de manière très significative à l'enrichissement du monde de la musique classique au Québec. Catherine Perrin, animatrice et musicienne à l'ensemble I Musici pendant une quinzaine d'années, raconte leur parcours et parle de leur legs musical.

Un parcours exceptionnel

Né en 1939, Yuli Turovsky se met à la musique dès l'âge de 7 ans. Jeune prodige, il gagne des concours très importants et joue sous la direction de la légende Roudolf Barchaï à l’Orchestre de chambre de Moscou. À 16 ans, il rencontre celle qui deviendra sa femme, Eleonora, dans une école pour jeunes doués où ils bénéficient d'un enseignement de grande qualité.

Bien que Yuli et Eleonora Turovsky aient tous deux une très belle carrière en URSS, ils décident de fuir leur milieu liberticide et antisémite. Ils profitent d’une ouverture temporaire du régime pour partir, en 1976, dans un court délai, avec leur famille et s’installer à Montréal l’année suivante.

Des pédagogues inspirants et expressifs

Le couple de musiciens enseigne la musique dès son arrivée à Montréal. Pendant de nombreuses années, Yuli et Eleonora vont transmettre aux plus jeunes musiciens à qui ils enseignent leur amour de la musique.

« Ils forment des élèves, et c’est là que l’idée de fonder un orchestre va venir, après six ou sept ans. Ils vont avoir une base de jeunes musiciens formés selon l’école et le son qu’ils cherchent », explique l’animatrice Catherine Perrin. Ils fondent l'ensemble I Musici de Montréal en 1983, au sein duquel le chef Yuli Turovsky pousse ses musiciens vers son grand sens du lyrisme.

C’est intéressant, ce paradoxe. Yuli et Eleonora avaient manqué de liberté en URSS, sauf qu’ils ne manquaient pas de liberté pour s’exprimer dans la musique. Au contraire, c’était leur exutoire privilégié. Cette façon de tout donner en jouant de la musique, ça a été cultivé à cause de ce régime répressif. C’était la valeur refuge, cette liberté d’expression dans la musique. [...] Yuli revendiquait le droit d’exprimer sa personnalité en musique.

Catherine Perrin

Un double legs

« Ce que je retiens d'eux, c'est surtout leur façon de transmettre la musique », dit Catherine Perrin, qui a côtoyé Yuli et Eleonora Turovsky pendant plusieurs années au sein de l'ensemble I Musici. Elle explique que les dernières années de vie de Yuli ont été très souffrantes, puisque le violoncelliste et chef d'orchestre était lourdement incommodé par la goutte et la maladie de Parkinson. Il est décédé en 2013, quelques mois après la mort de sa femme.

En plus d'avoir légué aux Québécois l'ensemble I Musici qui est toujours actif, Yuli a également laissé pour legs l'Orchestre Nouvelle Génération qu'il a fondé un an avant son décès. Cet orchestre est aujourd'hui sous la responsabilité de sa fille, Natasha Turovsky. « L'esprit des Turovsky a continué comme ça », conclut Catherine Perrin.

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