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Dopage : la longue traque qui a mené aux aveux de Geneviève Jeanson

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au vendredi de 23 h 30 à minuit

Dopage : la longue traque qui a mené aux aveux de Geneviève Jeanson

Geneviève Jeanson.

Geneviève Jeanson en 2003

Photo : La Presse canadienne / Andre Pichette

En septembre 2007, après quatre ans à nier les soupçons qui pesaient sur elle, l'une des coureuses cyclistes les plus rapides au monde passe à table à l'émission Enquête. Elle admet devoir ses performances à 10 ans de consommation d'érythropoïétine (EPO), une pratique découlant d'une relation abusive avec son ex-entraîneur. Le journaliste et animateur Alain Gravel raconte à Jacques Beauchamp que c'est non pas par cupidité, mais plutôt par besoin d'amour que Geneviève Jeanson se dopait.

Genevieve Jeanson of Canada bites the gold medal after  winning the women's junior road race at the World Cycling Championships in Verona, Italy, Friday, October 8,1999. (AP Photo/Michael Probst)

Geneviève Jeanson lors de sa victoire aux Championnats du monde de cyclisme de Vérone, en 1999,

Photo : Associated Press / MICHAEL PROBST

Au début des années 2000, Geneviève Jeanson est l’une des rares étoiles du cyclisme féminin. Elle remporte plusieurs courses d’importance, et sa personnalité forte attire les foules comme les commandites.

Toutefois, l’inconstance dans ses prouesses laisse supposer que des substances proscrites sont en jeu. Cette possibilité se précise en 2003 lors de « l’affaire Duquette », qui voit son médecin comparaître devant le comité de discipline du Collège des médecins du Québec pour avoir dopé des athlètes, « dont une de très haut niveau ». Jeanson n’est pas formellement identifiée, mais sent tout de même le besoin de donner une conférence de presse pour nier toute implication.

Le vernis craque

La même année, elle est suspendue du Championnat du monde de cyclisme sur route de Hamilton en raison d’un hématocrite (le taux de globule rouge dans le sang) trop élevé. L’année suivante, un examen médical révèle le même problème à la veille de La Flèche wallonne, mais la cycliste parvient à courir sur la foi d’un détail administratif. Elle se voit alors imposer un test antidopage, mais omet de s’y présenter. L’Union cycliste internationale lui donne un avertissement, mais ne la suspend pas.

La suspension survient en 2006 au Tour de Toona, en Arizona, lorsqu’un test révèle la présence d’EPO dans le sang de l’athlète. Jeanson accepte le verdict et met un terme à sa carrière, mais nie toujours s’être dopée. Elle disparaît de la vie publique.

Remonter la piste

En 2007, l’équipe d’Enquête se met à sa recherche en vue d’un reportage sur le dopage. Geneviève Jeanson est retrouvée en Arizona, où elle vit en couple avec l’entraîneur André Aubut, avec qui elle gère un restaurant. Elle consent à une rencontre avec Alain Gravel, mais sans caméras.

Quelques semaines plus tard, elle accepte d’apparaître à l’écran. Étrangement, elle se sépare d’André Aubut le jour même de l’arrivée de l’équipe en Arizona. Au fil de plusieurs semaines, Alain Gravel et elle tissent une relation de confiance, roulent à vélo ensemble et réalisent des entrevues.

Elle semblait fragile. Elle me disait toujours : "T’es mon ami, Alain, aide-moi", mais elle n’avouait toujours pas. Je lui disais : "Geneviève, je ne suis pas ton ami, je suis journaliste. J’ai de la compassion pour ton histoire, mais il y a une distance." Puis, elle me disait : "Mais il faut que tu m’aides." J’ai dit : "La seule façon que je puisse t’aider, c’est si tu me dis la vérité." Ça a duré des semaines et des semaines, jusqu’au moment où j’ai eu son aveu au téléphone.

Alain Gravel
Geneviève Jeanson en pleine course à Montréal, en 2003.

Geneviève Jeanson au troisième tour du Grand Prix cycliste de Montréal, en 2003

Photo : La Presse canadienne

Libérée

Après coup, l’ex-cycliste remercie le journaliste de l’avoir en quelque sorte libérée d’un mensonge trop lourd à porter.

Selon Alain Gravel, le scandale de dopage au centre duquel s’est retrouvée Geneviève Jeanson cache une histoire d’abus et de violence dont elle a été victime de son entraîneur.

Il cache aussi les injustices que vivent les rivaux sportifs d’athlètes dopés. Dans le cas de Geneviève Jeanson, il s’agissait de Lyne Bessette, coureuse cycliste perpétuellement deuxième derrière Jeanson lors de compétitions, et qui passait pour mauvaise perdante lorsqu’elle faisait valoir que quelque chose clochait.

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