•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le long combat pour l’abolition de l’esclavage

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

En reprise tout l'été
Du lundi au vendredi de 23 h 30 à minuit

Le long combat pour l’abolition de l’esclavage

Un navire hollandais accoste avec des esclaves africains à son bord à Jamestown, Virginie, en 1619.

Gravure illustrant une livraison d'esclaves africains par un navire hollandais en Virginie, en 1619

Photo : Getty Images / Hulton Archive

Dès la fin du 18e siècle, il a été porté simultanément par la communauté religieuse dissidente des quakers ainsi que par les penseurs des Lumières avant d'être galvanisé par les révolutions américaine et française. Même s'il a mené, au début du 19e siècle, à l'abolition de la traite des deux côtés de l'Atlantique, il a fallu attendre au moins 50 ans pour que cesse la pratique de l'esclavage, qui a fait 12 millions de morts en quatre siècles – deux ou trois fois plus si l'on compte les détenus jetés par-dessus bord ou morts en cale. L'historien Régis Coursin raconte à Jacques Beauchamp comment la machine esclavagiste a lentement ralenti, et ce, alors qu'elle était au faîte de son efficacité.

Publicité pour une vente d'esclaves.

Affiche publicitaire de 1828 annonçant une vente d'esclaves

Photo : Getty Images / Hulton Archive

À la fin du 17e siècle et au début du 18e, les insurrections d’esclaves se multiplient. En Europe, les auteurs dénoncent les conditions de vie de ces esclaves, et des philosophes des Lumières comme Diderot, Rousseau et Voltaire amènent le sujet dans les salons de Paris. La guerre d’indépendance américaine, la Révolution française et les soulèvements à Saint-Domingue amplifient tout cela.

Les quakers au front

Aux États-Unis, les quakers, qui prônent le pacifisme, la simplicité matérielle et l’égalitarisme, mènent leur première campagne antiesclavagiste dès les années 1760, fondent la première société antiesclavagiste en 1775 et interdisent l’esclavage dans leurs propres communautés en 1780. Ils défient les lois des États qui interdisent l’affranchissement des Noirs, viennent en aide aux esclaves libérés, négocient auprès de propriétaires d’esclaves en fuite pour leur délivrance, puis déposent des pétitions à répétition devant les autorités.

En Angleterre, en 1786, une communauté se porte au secours d’anciens esclaves s’étant battus pour le camp loyaliste durant la révolution américaine. En 1787, la Société abolitionniste londonienne reprend la stratégie de la pétition adoptée par les quakers et recueille 10 000 signatures, puis 40 000 de plus après avoir publié son message dans les journaux. Et en 1791, une deuxième campagne d’envergure donne lieu à 400 pétitions et à 400 000 signatures.

Victor Schœlcher, ancien sous-secrétaire d'État aux colonies de France.

L’homme politique Victor Schœlcher est un héros du mouvement abolitionniste pour son décret d’abolition de l’esclavage en France en 1848.

Photo : Louis-Stanislas Marin-Lavigne

La consommation responsable avant la lettre

L’éducation devient le mot d’ordre pour les abolitionnistes, autant pour les esclaves affranchis –jugés inaptes à jouir de la liberté – que pour la population générale, qu’on souhaite sensibiliser sur la base d’arguments religieux et patriotiques.

En 1791, l’Angleterre est le théâtre d’une campagne qui appelle les consommateurs à privilégier les produits qui ne sont pas le produit du travail d’esclaves, ce qui exclut donc le sucre, le cacao ou le café provenant des colonies. On tente de commercialiser du sucre venant de plantations libres en Sierra Leone, ou du sirop d’érable de Pennsylvanie fait par une main-d’œuvre rémunérée, mais ces entreprises échouent.

Dégel politique

En France, la Constitution de 1791 ne s’applique pas aux citoyens des colonies. L’esclavage est aboli en 1794, mais réinstauré par Napoléon en 1802.

Après le dépôt de 12 projets de loi depuis 1791, l’Angleterre devient le premier pays à abolir la traite d’esclaves, en 1807. Les États-Unis emboîtent le pas en 1808, et la France quelques années plus tard.

Selon Régis Coursin, la stratégie du mouvement abolitionniste consistait à stopper d’abord l’importation et la vente de nouveaux esclaves. Sachant que l’espérance de vie d’un esclave était de 5 à 10 ans après sa capture, c’était une façon de couper l’approvisionnement aux esclavagistes sans s’aliéner l’opinion publique.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi