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Le très long règne de Mackenzie King, premier ministre du compromis

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 21 h à 22 h

Le très long règne de Mackenzie King, premier ministre du compromis

Assis à un bureau, Mackenzie King sourit à la caméra en mai 1945.

Mackenzie King lors de son annonce de la victoire alliée aux Canadiens, le 8 mai 1945

Photo : La Presse canadienne

Grâce à un sens aigu de l'écoute et de la mesure, cet homme effacé a dirigé le pays sous le signe de l'unité et de l'affirmation nationale pendant 21 ans, un record encore inégalé. Dauphin de Wilfrid Laurier, il a apaisé la grogne de l'Ouest; fait intervenir l'État en économie; ordonné la fondation d'Air Canada, de l'Office national du film et de Radio-Canada; lancé les allocations de vieillesse, l'assurance-chômage et les allocations familiales; puis rapproché les États-Unis et l'Angleterre durant la Deuxième Guerre mondiale. Xavier Gélinas, conservateur au Musée canadien de l'histoire, explique à Jacques Beauchamp que Mackenzie King préférait la douceur aux gestes d'éclat.

Mackenzie King debout, regardant à sa droite, la main dans la poche.

Mackenzie King en 1919

Photo : La Presse canadienne

Petit-fils de William Lyon Mackenzie, chef des rebelles du Haut-Canada durant les soulèvements de 1837, William Lyon Mackenzie King étudie l’économie, le droit et le syndicalisme, puis devient conseiller en relations industrielles avant de sauter dans l’arène politique en 1908.

Élu député, il devient rapidement le tout premier ministre canadien du Travail. Il est toutefois défait aux élections de 1911, en même temps que le mentor qui l’avait attiré dans le service public, Wilfrid Laurier. S’ensuit un séjour aux États-Unis durant lequel il travaille notamment pour la fondation Rockefeller.

Un pour tous, tous pour un

De retour en politique à la fin des années 1910, il succède à Wilfrid Laurier à la tête du Parti libéral, puis se fait élire comme premier ministre en 1921. Obsédé par l’unité nationale, il rallie peu à peu, à coup de petits accommodements, les leaders des provinces de l’Ouest au Parti libéral. Unilingue anglophone, il a un bras droit pour les questions québécoises : Ernest Lapointe, son ministre de la Justice.

En pleine crise, il perd le pouvoir aux mains des conservateurs en 1930. Réélu en 1935, il a appris sa leçon et se montre plus favorable aux interventions économiques ciblées, une approche qui lui permet de poursuivre son règne jusqu’en 1948. C’est durant cette période qu’il développe les sociétés d’État et les services sociaux.

Mackenzie King et la reine Élizabeth

Le premier ministre du Canada, William Lyon Mackenzie King, en compagnie de la reine Élizabeth, au Parlement, à Ottawa, le 19 mai 1939

Photo : La Presse canadienne

Vive l’autonomie canadienne

Vis-à-vis l’Angleterre, encore perçue comme la mère patrie, il est soucieux de maintenir une distance, que ce soit en signant ses propres traités avec les États-Unis ou en refusant de prendre part à des missions économiques britanniques. En 1945, il dote le Canada d’un siège aux Nations Unies, et l’année suivante, introduit la citoyenneté canadienne (les Canadiens étaient auparavant considérés comme des sujets britanniques).

Pour les mêmes raisons, il attend 10 jours après que la Grande-Bretagne ait déclaré la guerre à l’Allemagne pour mobiliser le Canada durant la Seconde Guerre mondiale. En 1943 et 1944, il reçoit cette alliée ainsi que les États-Unis lors des Conférences de Québec. Il sert de trait d’union entre les deux pays, ce qui facilite l’entrée des États-Unis, auparavant récalcitrants, dans le conflit.

Mackenzie King, Winston Churchill, Franklin D. Roosevelt et le comte d'Athlone sur la terrasse Dufferin, à Québec, en août 1943.

Le premier ministre canadien Mackenzie King, le premier ministre britannique Winston Churchill, le président américain Franklin D. Roosevelt et le gouverneur général du Canada, le comte d'Athlone, à la seconde conférence de Québec, en 1943.

Photo : Associated Press

Ralentir l’urgence

Objet de pression de la part des alliés, il doit revenir sur sa promesse de ne pas imposer la conscription et organise un référendum qui lui laisse le champ libre, mais il attend à novembre 1944 pour l’instaurer. Ce faisant, il limite le nombre de conscrits et maintient l’unité nationale. Le Québec est particulièrement opposé à la conscription.

Il meurt le 22 juillet 1950, deux ans après avoir laissé les rênes du Parti libéral. Selon Xavier Gélinas, Mackenzie King était un dirigeant aussi difficile à aimer qu’à détester, tant il était modéré. Par cela et par son dévouement envers le service public, il avait un style semblable à celui de Robert Bourassa.

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