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L’élection présidentielle de 1988, un tournant en politique américaine

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 21 h à 22 h

L’élection présidentielle de 1988, un tournant en politique américaine

George H.W. Bush lors de l'élection de 1988.

George H.W. Bush lors de son discours d'acceptation, le 8 novembre 1988 au soir.

Photo : Getty Images / WALT FRERCK

Devant le désintérêt de la population pour des candidats mièvres – George H. W. Bush, le « caniche de Reagan », et Michael Dukakis, le technocrate froid –, le Parti républicain a sorti l'artillerie lourde des publicités dénigrantes et de la campagne idéologique, une stratégie électorale fréquemment utilisée depuis. C'est largement grâce à cela qu'au terme d'une campagne désastreuse pour le Parti démocrate, Bush l'a emporté avec 56 % du vote populaire, le 8 novembre 1988. Karine Prémont, professeure de politique appliquée, raconte à Jacques Beauchamp que les circonstances jouaient en faveur des républicains après 8 ans de règne Reagan.

Lisez sur mes lèvres : pas de nouveaux impôts!

George H. W. Bush

En prononçant ces mots lors de la convention nationale républicaine, le 18 août 1988, George Bush se positionne comme l’héritier de Ronald Reagan, immensément populaire. Comme celui dont il a été le vice-président pendant deux mandats, Bush veut être l’homme de la gestion serrée des dépenses, et du statu quo en matière d’imposition des contribuables. Après tout, l’économie américaine va bien, et le pays n’est impliqué dans aucun conflit militaire majeur.

Le plan B démocrate

Dans le camp adverse, on assiste à une campagne déjà ébranlée par le désistement du favori, Gary Hart, dont les prétendues indiscrétions maritales ont été dévoilées dans les médias. Là aussi, la campagne marque un tournant : la population est de plus en plus sensible aux écarts de conduite des politiciens; les médias s’intéressent de plus en plus à leur vie privée, et de moins en moins à leurs idées. Les démocrates jettent leur dévolu sur Michael Dukakis, gouverneur du Massachusetts réputé comme efficace et pragmatique.

Michael Dukakis salue les militants démocrates lors de l'investiture du 21 juillet 1988.

Michael Dukakis lors de la cérémonie d'investiture démocrate du 21 juillet 1988, à Atlanta

Photo : Getty Images / CHARLES UTZ

Une campagne de coups bas

Puisque les démocrates cherchent à faire campagne sur la compétence, les républicains mènent une campagne idéologique. Ils utilisent notamment l’opposition de Dukakis à la peine de mort pour le dépeindre comme un gauchiste radical n’ayant aucune compétence en affaires militaires ni en politique étrangère. Leurs publicités négatives sont bien reçues par l’électorat, ce qui n’est pas le cas pour les coups d’éclat électoraux de Dukakis. Il se met notamment en scène aux commandes d’un tank et ne réussit qu’à devenir la risée des médias.

Le camp Bush n’est pas exempt de faiblesses. L’ancien bras droit de Reagan a choisi comme colistier Dan Quayle, jeune sénateur conservateur réputé pour ses déclarations irréfléchies et gaffeuses. Lors d’un débat, il se compare à John F. Kennedy.

Michael Dukakis aux commandes d'un tank durant la campagne présidentielle de 1988.

La photo de Michael Dukakis qui a plombé sa campagne de 1988 : au volant d'un tank, il tentait de démontrer son aisance avec la question militaire.

Photo : Getty Images / Michael E. Samojeden

Grande victoire, petit règne

Néanmoins, la froideur de Michael Dukakis est un plus grand handicap encore et Bush l’emporte haut la main le 8 novembre au soir. C’est la première fois en 152 ans que les Américains élisent un vice-président sortant, et un rare troisième mandat consécutif pour les républicains.

Le nouveau président se distingue en politique étrangère, mais doit composer avec un Congrès à majorité démocrate et une récession. Il est par ailleurs forcé par le Congrès à renier sa parole et à accepter une augmentation d’impôts. Les Américains ne lui pardonnent pas et ne lui accordent qu’un seul mandat, lui préférant Bill Clinton en 1992.

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