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L’étonnant refus du Canada de participer à la guerre en Irak en 2003

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

En reprise tout l'été
Du lundi au vendredi de 23 h 30 à minuit

L’étonnant refus du Canada de participer à la guerre en Irak en 2003

Le premier ministre Jean Chrétien à la Chambre des communes, le 17 mars 2003.

Le premier ministre Jean Chrétien reçoit une ovation à la Chambre de communes, le 17 mars 2003, après avoir annoncé que le Canada ne participerait pas à une intervention militaire en Irak sans une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

Photo : La Presse canadienne / TOM HANSON

Le Canada avait accompagné son allié américain en Corée en 1950 et en Afghanistan en 2001, et il l'avait même appuyé sans résolution du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU) au Kosovo en 1999. Mais parce qu'il ne voulait pas se retrouver déchiré entre les États-Unis, l'Angleterre et la France, et parce qu'il ne voulait pas nuire à l'ONU, le premier ministre Jean Chrétien a déclaré, le 17 mars 2003, que le Canada ne s'engagerait pas dans une nouvelle offensive américaine en Irak. Stéphane Roussel, spécialiste en questions militaires, rappelle à Jacques Beauchamp que Chrétien a tenu le monde en haleine avant d'annoncer sa position.

Au terme de la Guerre du Golfe de 1990-1991, l’Irak doit se soumettre à des inspections de l’ONU pour prouver qu’il ne possède pas d’armes de destruction massive. Dès ce moment, des voix américaines réclament de ne pas attendre un tel processus pour faire tomber Saddam Hussein.

Les États-Unis plaident leur cause

Les attentats du 11 septembre 2001 galvanisent les tenants du changement de régime. Jusqu’en mars 2003, l’ONU est le théâtre d’âpres débats pour décider de la réaction à apporter au manque de collaboration de l’Irak au sujet des inspections.

Les États-Unis sont décidés à aller de l’avant et à envoyer des troupes quoiqu’il advienne, mais cherchent tout de même à convaincre le Conseil de sécurité pour se donner une légitimité. Le 5 février 2003, le secrétaire d’État Colin Powell joue son va-tout en soumettant à l’ONU des preuves de la présence d’armes de destruction massive en Irak. L’Angleterre l’appuie, alors que la France, l’Allemagne et la Russie préconisent la poursuite des inspections.

L’hésitation canadienne

Aligné sur la politique de sécurité américaine depuis 1938, le Canada est indécis à ce sujet. Les médias et l’opposition prônent l’intervention armée. Le monde des affaires souhaite éviter les représailles américaines et le prolongement des perturbations commerciales causées par le 11 Septembre. L’opinion publique, elle, manifeste son opposition à la guerre dans de grandes manifestations, surtout au Québec.

Jusqu’au 17 mars, on ne sait pas ce qui va se passer. Le Canada est vraiment écartelé entre […] son allié américain et le respect du processus des Nations unies. Pis encore, le Canada se trouve dans la même situation qu’en 1956, lors de la crise de Suez, c’est-à-dire que ses principaux alliés – l’Angleterre, les États-Unis et la France – sont divisés. Et ça, pour le Canada, au plan diplomatique, c’est la pire des situations.

Stéphane Roussel

Une décision bien acceptée

Contre toute attente, les États-Unis ne montrent aucune rancune envers le Canada. Une rumeur veut que la conseillère à la Sécurité nationale de George W. Bush, Condoleezza Rice, ait plutôt choisi de punir la France.

Selon Stéphane Roussel, devant l’impossibilité de plaire à tous ses alliés, Jean Chrétien a choisi de se ranger avec l’ONU. A posteriori, le spécialiste juge qu’il s’agissait d’une décision raisonnable puisque l’organisation internationale est l’une des pierres angulaires de la politique de sécurité canadienne.

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