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Les camps de prisonniers allemands au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

Les camps de prisonniers allemands au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale

Des prisonniers allemands derrière des barbelés.

Prisonniers allemands au camp 42, à Sherbrooke, 23 novembre 1945.

Photo : Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-163788

Près de 35 000 prisonniers de guerre allemands jugés dangereux ont été détenus dans une vingtaine de camps au Canada lors de la Seconde Guerre mondiale. Certains prisonniers ont même travaillé à l'extérieur des camps et ont été en contact avec la population locale. Jean-Michel Turcotte, historien et chercheur postdoctoral à l'Université de Potsdam, raconte à Jacques Beauchamp cet épisode peu connu de l'histoire.

Les premiers prisonniers arrivent au Canada en juin 1940, après la défaite de la France contre l’armée allemande. La Grande-Bretagne craint l’invasion. Les autorités britanniques décident donc de transférer les prisonniers allemands outre-mer. Londres envisage plusieurs scénarios avant d’opter pour les pays du Commonwealth comme destinations. Le Canada est celui qui accueillera le plus de prisonniers, soit 34 700 jusqu’en 1945.

Les conditions de vie dans les camps sont plutôt bonnes, puisque les pays responsables des prisonniers doivent respecter la Convention de Genève. Il y avait des plats délicats, bien faits, bien présentés, illustre en 1975 Conrad Godin, lors de l’émission La vie quotidienne des Québécois de 1939 à 1945.

Les conditions sont très bonnes. Le Canada respecte la Convention de Genève. Les conditions en termes de nourriture, de matériel, de couchage et de qualité des baraquements respectent les normes établies.

Jean-Michel Turcotte, historien et chercheur postdoctoral à l’Université de Potsdam

Il existe quelque 24 camps au Canada, pour officiers et non-officiers. À l'intérieur des camps, les prisonniers sont divisés selon les corps d'armée. Plusieurs d'entre eux s'affichent pour l'idéologie nazie et sont reconnus comme « extrémistes » ou « fanatiques » par les autorités canadiennes.

Le soulèvement de Bowmanville

À l’été 1942, une escalade de tensions entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne pousse Londres à demander au Canada de menotter les prisonniers allemands. Au camp de Bownanville, en Ontario, la situation dégénère. Les prisonniers refusent de se faire menotter. Ils sont plus d'une centaine à se barricader dans la cantine du camp et à affronter les gardiens. À la suite de cet affrontement violent, le Canada refuse de respecter la demande britannique de menotter les prisonniers allemands.

L’évasion du baron Franz von Werra

Capturé par les Britanniques en 1940, l’aviateur allemand Franz von Werra ne connaîtra jamais les camps de prisonniers canadiens. Après avoir fui un camp en Angleterre, il est arrêté et transféré au Canada, où il saute du train qui devait l’amener dans un camp de prisonniers en Ontario. Il réussit à regagner l’Allemagne en passant entre autres par les États-Unis, le Mexique et le Brésil.

L’opération Kiebitz

En 1943, un groupe de prisonniers tente de s’évader du camp de Bowmanville, en Ontario. Le commandant Otto Kretschmer creuse un tunnel de près de 100 mètres menant à l’extérieur des barbelés. Un sous-marin allemand doit par la suite l’attendre à la pointe de Maisonnette, dans la baie des Chaleurs, pour qu’il puisse regagner l’Allemagne. Or, le tunnel s’écroule et, même si un autre officier, Wolfgang Heyda, réussit à s’évader, le sous-marin n’est pas au rendez-vous. Cette mission, qui reçoit le code d’« opération Kiebitz » est pilotée à partir de l’Allemagne.

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