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Les origines du commerce entre Français et Autochtones au 16<sup>e</sup> siècle

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 21 h à 22 h

Les origines du commerce entre Français et Autochtones au 16e siècle

Des colons commerçant avec les Premières Nations.

Gravure du 16e siècle montrant une scène de commerce entre les colons et les Premières Nations.

Photo : corbis/vcg via getty images / Library of Congress / Theodor de Bry

Lorsque Jacques Cartier est entré dans le golfe du Saint-Laurent, en 1534, il a vu des centaines de bateaux quitter les eaux de l'Amérique. Basques ou Français, ces pêcheurs visitaient déjà la région depuis la première décennie du 16e siècle et traitaient avec les Inuit, puis les Innus, allant même jusqu'à les engager pour la fonte d'huile de baleine. Laurier Turgeon, professeur d'histoire et d'ethnologie, explique à Jacques Beauchamp que le commerce de la fourrure, des perles de verre et du cuivre a ensuite permis aux Français de véritablement s'implanter sur le territoire.

Les premiers Autochtones que Cartier rencontre brandissent croix et fourrures au bout de leurs bâtons. C’est signe qu’ils veulent commercer, mais aussi que cette pratique est déjà bien implantée. Ils sont notamment impressionnés par la capacité des Européens de pêcher la baleine.

En Europe, la pêche aux « terres neuves » est déjà mentionnée dans les relevés d’armement de navires datant de 1509. Dès 1520, à peu près tous les grands ports français arment des navires pour le Nouveau Monde. C’est parmi ces pêcheurs que Cartier recrute l’équipage de sa propre expédition.

Ça semble assez évident que ce sont les pêcheurs qui ont guidé Cartier plutôt que le contraire.

Laurier Turgeon

Passion morue

La visite de Cartier a pour effet d’intensifier les rapports entre Français et Premières Nations ainsi que les activités de pêche dans le Saint-Laurent, mais aussi d’attiser la curiosité des Européens pour l’Amérique. Jusqu’aux années 1540, Bordeaux n’arme annuellement que cinq à huit navires pour cette destination. À partir des années 1560, la moyenne avoisine 60.

Pour les Français, la morue trouvée dans les eaux du golfe représente l’abondance du Nouveau Monde. C’est désormais un produit fin et recherché. Chez les Premières Nations, on la considère plutôt comme un produit de seconde zone.

Chacun cherche son castor

Le commerce des fourrures permet ensuite aux Français de pratiquer une activité économique à longueur d’année en Amérique. En achetant son premier chapeau en peau de castor, en 1583, Henri IV lance une véritable mode.

Une peau de castor sur fond blanc.

À partir de la seconde moitié du 16e siècle, les peaux de castor comme celles-ci ont fait l'objet d'un commerce florissant sur le territoire des Terres Neuves.

Photo : getty images/istockphoto / Zdyma4

Les Français chassent très peu eux-mêmes et comptent sur les Autochtones pour trapper, pour dépecer les fourrures, et aussi pour les rapporter [aux] comptoirs de traite. Donc, ça va forcément entraîner la nécessité d’alliance entre les Français et les Amérindiens. Ce commerce va permettre de fortifier, de négocier ces alliances.

Laurier Turgeon

Les perles déferlent

Du côté des Premières Nations, on s’arrache les perles de verre de toutes les couleurs dont se parent les Français. Le verre n’existe pas dans leurs communautés, et il s’agit d’un nouveau produit exotique.

Ils achètent aussi volontiers le cuivre que les Français ont en si grande quantité. Les Autochtones s’en servent pour faire la cuisine, mais aussi pour fabriquer des sépultures. C’est une matière plus recherchée que l’or ou l’argent.

Selon Laurier Turgeon, le commerce du cuivre entre Français et Premières Nations se poursuit encore aujourd’hui. En effet, après avoir été recueilli en masse par les archéologues à même les cimetières autochtones depuis le 19e siècle, le cuivre est progressivement restitué aux communautés d’origine.

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