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Maman Fonfon, pionnière de l’éducation de la petite enfance

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

Maman Fonfon, pionnière de l’éducation de la petite enfance

Claudine Vallerand, alias Maman Fonfon.

Claudine Vallerand, alias Maman Fonfon, à l'antennne de Fon Fon en 1957

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Avec son émission diffusée durant les années 1950, Claudine Vallerand a captivé les tout-petits et a jeté les bases de la télévision éducative au Québec, bien avant Passe-Partout. Grâce à ses écoles maternelles et son École des parents, elle a sensibilisé le Québec à l'importance d'éduquer les enfants selon les stades développementaux, et montré la voie à suivre pour les classes maternelles du futur système public. Denyse Baillargeon, spécialiste de l'histoire des femmes, explique à Jacques Beauchamp que cette pédagogue passionnée a dû affronter l'Église catholique pour réaliser sa vision, et ce, alors qu'elle était une fervente croyante.

Claudine Vallerand, alias Maman Fonfon.

Claudine Vallerand, alias Maman Fonfon, à l'antenne de Fon Fon en 1957

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Née en 1908, Claudine Vallerand fait ses études au couvent, une expérience qu’elle déteste et qui pourrait bien être déterminante pour la suite de sa vie.

À l’adolescence, elle visite l’Europe avec sa mère. Elle est particulièrement impressionnée par les écoles maternelles en France et en Italie, et se documente à ce sujet lors de son retour.

Tout à faire

Au Québec, à cette époque, la maternelle est à peu près inexistante. La coutume veut que les bonnes familles envoient leurs enfants au pensionnat. Claudine Vallerand, elle, croit qu’il vaudrait mieux que les jeunes enfants restent aux côtés de leurs parents.

Pour elle, la maternelle, c’était la base de l’éducation de tous les enfants. C’était ce qui allait permettre ensuite aux enfants d’apprendre à l’école, mais il fallait d’abord les amener à apprendre à apprendre. C’est ce qu’elle voulait faire en mettant sur pied une maternelle. Pour elle, c’était une façon, aussi, de créer une espèce de vitrine, [de] convaincre les autorités publiques de mettre en place un système universel de maternelle partout au Québec.

Denyse Baillargeon
Claudine Vallerand, alias Maman Fonfon.

Claudine Vallerand, alias Maman Fonfon, à l'antenne de Fon Fon en 1961

Photo : Radio-Canada / Studio MARC

De la parole aux actes

En 1938, elle ouvre l’une des premières écoles maternelles privées au Québec.

En 1939, elle pousse l’expérience plus loin en fondant l’École des parents. Il s’agit d’une sorte de centre d’entraide où l’on propage les nouveaux modèles éducatifs fondés sur des découvertes psychologiques récentes. L’élite intellectuelle de l’époque, qui sera plus tard responsable de la Révolution tranquille, la fréquente : Michel Chartrand et Simonne Monet-Chartrand, Réginald Boisvert, André Laurendeau, Thérèse Gouin-Décarie, etc.

Elle veut ainsi briser le cercle vicieux des parents incompétents, enfants médiocres; enfants médiocres, parents incompétents. Pour elle, des enfants mal éduqués finissent par devenir des adultes avec des lacunes qui sont à leur tour incapables d’élever correctement des enfants.

Denyse Baillargeon
Claudine Vallerand, alias Maman Fonfon.

Claudine Vallerand, alias Maman Fonfon, à la barre de Fon Fon en 1957.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Le pouvoir des médias

À l’antenne de l’émission Le courrier de Radio-Parents, à la radio de Radio-Canada, elle trouve un nouveau moyen de promouvoir ses idées.

Toutes ces réalisations créent de fortes tensions avec l’Église catholique, qui voit ainsi ses méthodes éducatives contestées. Le clergé entreprend une campagne de salissage contre la pédagogue, et ouvre un établissement du même nom que l’École des parents pour créer la confusion.

De 1955 à 1962, Claudine Vallerand adopte le personnage de Maman Fonfon à la barre de Fon Fon, la première émission jeunesse au Québec. Elle montre aux jeunes enfants à bricoler et enseigne les rudiments du savoir-être.

Claudine Vallerand est décédée en 2001. Selon Denyse Baillargeon, elle a pleinement rempli la mission qu’elle s’était donnée, puisque le Québec a depuis adopté les principes éducatifs qu’elle défendait.

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