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Coluche, le clown triste qui faisait rire les sans voix

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

Coluche, le clown triste qui faisait rire les sans voix

Coluche et l'acteur italien Beppe Grillo.

Coluche, accompagné du comédien italien Beppe Grillo, fait une grimace en 1985.

Photo : Getty Images / PASCAL PAVANI

« J'ai pris le parti de rire de ce qui n'est pas drôle. Je ne prends rien au sérieux », disait l'humoriste, comédien et animateur, qui n'hésitait pas à mettre le racisme, l'homophobie ou le chômage au cœur de numéros râleurs faits sur mesure pour la France ordinaire. Ses spectacles, ses disques, ses émissions de radio ainsi qu'une dizaine de films ont fait de lui une vedette immense du milieu des années 1970 jusqu'à sa mort tragique, en 1986. Éric Dussault, historien, parle à Jacques Beauchamp de la grande générosité, mais aussi du goût pour l'excès dont faisait preuve, en privé, le comique.

Coluche en 1980.

Coluche en 1980

Photo : Getty Images / MICHEL CLEMENT

Né Michel Colucci, il est élevé dans le 14e arrondissement de Paris par une mère seule à la santé frêle après la mort de son père, alors qu’il n’a que 3 ans. Toute sa vie, il revendique ses origines modestes. Cancre, il apprend par lui-même les mille et un métiers – chanteur, plongeur, barman – qu’il pratique avant d’arriver à l’humour.

Par la bande

Cette arrivée a lieu au Café de la Gare au début des années 1970. Avec son ami Romain Bouteille ainsi qu’une cohorte de jeunes artistes montants, dont Gérard Depardieu, Miou-Miou, Renaud, Thierry Lhermitte, Michel Blanc et Josiane Balasko, il présente des créations qui remplissent le jeune établissement. Il se brouille cependant régulièrement avec le collectif.

Au milieu des années 1970, sa carrière solo prend son envol avec le spectacle Mes adieux au music-hall, qui fait également l’objet d’un microsillon. Coluche en vend 200 000 copies.

C’est un phénomène qui explose tout d’un coup. C’est le succès immédiat. C’est l’antivedette, avec sa salopette, son côté rondouillet. Il peut parfois donner l’allure d’être un peu con, un peu niais, et, pourtant, on voit comment les phrases tapent. C’est la façon de dire les choses. C’est cru, c’est direct.

Éric Dussault

Coluche la coqueluche

De 1977 à 1980, il se produit devant 600 000 personnes. Désormais très connu et fortuné, il est constamment entouré d’amis – notamment ceux du Café de la Gare, avec qui il s’est réconcilié –, mais aussi de gens qui abusent de lui.

Il est incapable d’être seul; il a besoin de ses copains. Il leur achète des voitures, des montres… C’est quelqu’un d’étonnant de ce côté.

Éric Dussault

En 1981, il se présente à l’élection présidentielle à la blague. Sa devise est : « Ils nous prennent pour des imbéciles, votons pour un imbécile. » Il récolte 16 % dans les intentions de vote et fait trembler la classe politique, mais se désiste finalement.

Au-delà des rires

Au cinéma, il apparaît surtout pour éponger des dettes, mais frappe un grand coup en jouant dans Tchao Pantin, de Claude Berri. Cet étonnant rôle dramatique accroît sa notoriété de plus belle et lui vaut le César du meilleur acteur masculin en 1984.

En 1985, il lance la chaîne de restauration caritative Les Restos du cœur, qui existe toujours et qui sert des repas aux moins bien nantis. Coluche coordonne lui-même l’ouverture des quelque 200 établissements qui servent 150 000 repas par jour dès leurs 3 premiers mois d’existence.

Le 19 juin 1986, il meurt lorsque sa moto est percutée par un camion lors d’une promenade.

Selon Éric Dusseault, si Coluche incarnait sur scène des personnages dans lesquels tout le monde pouvait se reconnaître, il était, en réalité, quelqu’un de plus grand que nature qui vivait à 100 miles à l’heure.

Une photo de Coluche dans un centre de distribution des Restos du cœur.

Une photo de Coluche décorait toujours ce centre de distribution des Restos du cœur en 2014.

Photo : Reuters / Charles Platiau

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