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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Ces révoltes qui ont ralenti la machine de mort nazie

L'entrée du camp d'Auschwitz-Birkenau

L'entrée du camp d'Auschwitz-Birkenau en janvier 1945, après sa libération par les Russes.

Photo : afp via getty images / -

À Auschwitz, à Sobibor ou dans le ghetto de Varsovie, quelques courageux et courageuses ont joué leur va-tout en organisant des soulèvements, en détruisant des installations ou en s'attaquant directement aux SS, même quand ils se savaient voués à une mort certaine. Parfois, ces initiatives ont permis de sauver des vies ou même de faire fermer des camps. Annette Wieviorka, spécialiste de l'histoire de la Shoah, raconte à Jacques Beauchamp qu'il était d'autant plus difficile pour les Juifs de s'évader des camps lorsqu'ils étaient détenus dans un pays où ils ne parlaient pas la langue.

Witold Pilecki

Witold Pilecki. Source : Wikipédia

Photo : Domaine public

Le 19 septembre 1940, Witold Pilecki, un père de deux enfants, se fait prendre volontairement dans une rafle à Varsovie. Trois jours plus tard, il est interné au camp d’Auschwitz, nouvellement ouvert, et organise en secret un mouvement de résistance. Pendant deux ans et demi, il fait parvenir au monde des informations sur les crimes nazis. Il parvient à s’évader en avril 1943.

La Pologne insoumise

Le 19 avril 1943, peu après qu’Heinrich Himmler eut ordonné la liquidation du ghetto de Varsovie, des jeunes résidents repoussent, trois semaines durant, les tentatives de déportation des SS. Plusieurs parviennent à fuir le ghetto en passant par les égouts. Des soulèvements semblables ont lieu dans d’autres villes occupées.

Des SS interrogeant des habitants du ghetto de Varsovie en 1943.

Des SS interrogent des habitants du ghetto de Varsovie après la révolte de 1943.

Photo : afp via getty images / AFP

Le 14 octobre 1943, au camp de Sobibor, en Pologne, un petit groupe de prisonniers, dont certains avaient un passé militaire, assassinent des gardes, puis s’évadent. Heinrich Himmler est apparemment furieux de cet événement. Peu de temps après, le camp de Sobibor est fermé.

Ce sont des révoltes contre la mort de gens qui se savent condamnés. C’est très particulier. Ils tentent le tout pour le tout, tardivement. Ces révoltes sont de très minces succès, puisqu’elles permettent […] d’avoir un certain nombre de personnes qui s’évadent. Ces personnes, après, porteront témoignage lors des procès de Nuremberg, d’Eichmann…

Annette Wieviorka
Commémoration du 70e anniversaire de la révolte du camp de Sobibor, le 14 octobre 2013.

Des gens venus d'Israël, d'Allemagne et des Pays-Bas ont commémoré le 70e anniversaire de la révolte de Sobibor, le 14 octobre 2013, sur le site de l'ancien camp de concentration.

Photo : afp via getty images / JANEK SKARZYNSKI

Complots dans les baraquements

Le 7 octobre 1944, les Sonderkommandos – des détenus affectés au traitement des corps au sortir des chambres à gaz – du camp d’Auschwitz-Birkenau se soulèvent. Ils sont aidés de quatre femmes employées de l’usine voisine : Roza Robota, Ala Gertner, Regina Safirsztajn et Ester Wajcblum. Grâce à une organisation clandestine, ces dernières parviennent à passer de la poudre explosive aux détenus, qui font à leur tour sauter une chambre à gaz. La revanche des SS est brutale : ils font pendre les quatre femmes, et ce, en deux temps pour que toutes les employées de la même usine soient témoins.

Mala Zimetbaum.

Mala Zimetbaum, auteure d'une tentative d'évasion ratée du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, en juin 1944. Source : Wikipédia

Photo : Domaine public

Mala Zimetbaum, une Juive belge, compte aussi parmi ceux qui ont payé cher leur tentative d’évasion. Polyglotte, elle sert d’interprète et de coursière aux gardes nazis, et noue ainsi une relation amoureuse avec un détenu polonais du côté masculin du camp. Ils s’évadent ensemble avec succès en juin 1944, mais sont promptement repris, puis pendus.

La résistance, ce tour de force

Selon Annette Wieviorka, les cas de soulèvements ou d’évasions réussies sont relativement rares, puisque toute résistance est extrêmement difficile une fois que les détenus arrivent dans ces « centres de mise à mort ». La population y est réduite à un état d’impuissance totale.

Des SS escortent des détenus au camp d'Auschwitz-Birkenau.

Des SS escortent des détenus vers les fours crématoires au camp d'Auschwitz-Birkenau.

Photo : afp via getty images / -

La construction des camps de concentration commence après la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942, lors de laquelle les dirigeants nazis conviennent des moyens d’exécuter la « solution finale » réclamée par Adolf Hitler. Les premiers entrent en fonction dès la moitié de 1942. Les mouvements de résistance, eux, se font sentir à partir de 1943.

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