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Sam Cooke, précurseur engagé de la musique soul disparu prématurément

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

Sam Cooke, précurseur engagé de la musique soul disparu prématurément

Sam Cooke chante devant un micro en studio, entouré de volutes de fumée.

Sam Cooke en studio en 1958 ou 1959, à Los Angeles.

Photo : Getty Images / Michael Ochs Archives

Avec sa légendaire chanson A Change Is Gonna Come, hymne soul datant d'une époque où ce genre musical n'existait théoriquement pas encore, le bouillant chanteur a transcendé ses origines gospel et blues pour adresser un message de solidarité et d'espoir à une Amérique divisée par la ségrégation raciale. Stanley Péan, animateur et spécialiste jazz, raconte à Jacques Beauchamp les combats incessants menés par Sam Cooke pour trouver sa voix et pour chanter devant un public où Blancs et Noirs ne seraient pas séparés.

Sam Cooke sur scène, levant les yeux au ciel en pendant qu'il chante.

Sam Cooke en concert au Copacabana Night Club de New York, date inconnue

Photo : AP

Né dans le Mississippi en 1931, puis élevé à Chicago, il se met au chant gospel très tôt et forme un groupe avec ses frères et sœurs, The Singing Children. À l’adolescence, il joint le groupe The Highway QC’s en tant que soliste. Remarqué pour ses talents, il est ensuite recruté par The Soul Stirrers, une formation établie. C’est avec elle qu’il découvre la vie de tournée et redécouvre les conditions difficiles des Noirs à l’ère de la ségrégation raciale.

La fin des prières

L’émergence du rock and roll, dans les années 1950, lui donne envie d’élargir ses horizons. Il fait un premier essai avec la musique profane en enregistrant la pièce Lovable sous le nom Dale Cooke. L’identité de l’artiste est découverte malgré le nom d’emprunt et il doit alors choisir entre le gospel et la musique séculière. Il choisit la seconde option en 1957 et enregistre son premier succès, You Send Me.

Fait rare pour un artiste noir à l’époque : You Send Me perce sur les palmarès de musique populaire. Sam Cooke a donc aussi un public chez les Blancs.

Un nouveau curé chante la messe

L’année suivante, il lance un premier microsillon, partagé entre les pièces originales et les reprises de standards jazz. Il s’affirme comme une sorte de Nat King Cole auprès des adolescents du baby-boom, mais il est insatisfait des bénéfices qu’il reçoit, et souhaite gérer ses droits d’édition. En 1960, il passe aux disques RCA, la même compagnie qu’Elvis, et obtient les gains désirés.

Sur scène, il se démarque par son énergie et sa proximité avec le public. Il n’hésite pas à passer des messages, par exemple contre la violence conjugale. Il s’adresse à son public comme un curé à sa paroisse.

Il est à une croisée des chemins au début des années 1960, après son passage chez RCA. Il a un style musical hybride. C’est encore du rhythm and blues; il y a une mélancolie, il y a le blues, encore, qui est là… Il cherche à trouver sa voie. C’est à travers des succès qu’il est en train d’affirmer comment il va être Sam Cooke : Chain Gang, Twistin’ the Night Away, Bring It On Home to Me… Ce sont toutes ces chansons qui imposent [sa] manière d’être.

Stanley Péan
Same Cooke debout contre un cadre de porte en 1964.

Sam Cooke en 1964

Photo : The Associated Press

Quand le changement tarde à arriver

Lors d’un concert collectif, il tente de convaincre les autres têtes d’affiche de protester contre la ségrégation du public (les Blancs d’un côté, les Noirs de l’autre) en refusant de monter sur scène. Ces dernières font mine d’accepter, mais se désistent et donnent le concert sans lui.

La chanson qui l’a immortalisé, A Change Is Gonna Come, a été composée dans cette optique : l’espoir d’un monde meilleur, de la fin de la division. La pièce est une sorte de réponse à Blowin’ in the Wind, de Bob Dylan. Sam Cooke avait l’habitude de reprendre ce classique folk à sa manière et avait peine à croire qu’elle avait pu avoir été écrite par un Blanc. Lorsque Cooke a composé sa chanson, il était proche du mouvement pour les droits civiques. Il fréquentait Malcolm X, Martin Luther King et Aretha Franklin.

Sam Cooke est mort en 1964, à 33 ans, d’un coup de feu reçu lors d’une altercation. Les circonstances demeurent nébuleuses. Selon Stanley Péan, cette disparition est d’autant plus tragique qu’elle est survenue alors que Sam Cooke n’était qu’au tout début d’une carrière qui aurait pu être doublement brillante.

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