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Les nombreuses vies de Colette, écrivaine scandaleuse

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

Les nombreuses vies de Colette, écrivaine scandaleuse

L'auteure Colette entourée de fioles.

Colette derrière des fioles de sa gamme de produits de beauté en 1932

Photo : Getty Images / Keystone

Elle a transformé un contrat de rédaction anonyme au profit de son premier mari en l'une des carrières littéraires les plus illustres du 20e siècle. Elle est ensuite devenue comédienne, puis journaliste, faisant au passage la manchette du Paris de 1906 pour une liaison homosexuelle avec une figure controversée. Frédéric Maget, président de la Société des amis de Colette, explique à Jacques Beauchamp que le parcours de ce personnage haut en couleur s'explique par son insatiable volonté de changement.

Née Sidonie-Gabrielle Colette en 1873, elle connaît une enfance idyllique. Lorsqu’elle a 18 ans, toutefois, ses parents sont contraints de s’exiler de leur village de Saint-Sauveur-en-Puisaye à la suite de problèmes d’argent et d’un ostracisme général.

Portrait de l'auteure Colette.

Colette vers 1910

Photo : Getty Images / Henri Manuel

Débuts très discrets

En 1893, elle épouse Henry Gauthier-Villars, dit Willy, un célèbre critique musical. Ce dernier l’introduit au Paris mondain. Trop occupé pour s’acquitter de tous ses mandats de rédaction, il ouvre un atelier dans lequel il engage de jeunes auteurs chargés d’écrire les textes et romans qu’il signe. Colette joint l’équipe et écrit à cette occasion les quatre volumes de la série Claudine, inspirée de ses souvenirs d’enfance.

Elle profite du fait que ces livres soient publiés sous le nom de son mari pour s’y venger des habitants de Saint-Sauveur-en-Puisaye qui ont ridiculisé sa famille. La série devient le plus gros succès de la France de la Belle Époque.

Tout le monde se reconnaît là-bas, de l’institutrice au député, des camarades de classe aux voisins méchants, avares, vicieux, bandits, fainéants… Elle n’aurait jamais pu signer ce livre quand bien même elle l’aurait voulu. Ça l’arrangeait, au départ, que [Claudine à l’école] soit signé Willy. En plus, elle n’avait pas tellement envie d’écrire. Elle ne se sentait pas la vocation.

Frédéric Maget
Colette, costumée en chat, se cache derrière une chaise dans cette photo datant de 1912.

Colette costumée en chat en 1912

Photo : Getty Images / Hulton Archive

La différence au grand jour

Après sa séparation avec Willy, Colette se lance dans le music-hall et vit ouvertement une relation amoureuse avec Mathilde de Morny, dite Missy. Riche héritière du duc de Morny, le demi-frère de Napoléon III, Missy fait scandale pour avoir choisi de vivre sa vie en homme. Elle soutient Colette à la fois financièrement et moralement. En 1907, le couple apparaît ensemble dans un spectacle de pantomime qui se conclut par un baiser entre les deux femmes. La réaction du public est si vive que le préfet de police fait annuler le spectacle.

Au service de l’actualité

En 1912, Colette épouse le rédacteur en chef du journal Le Matin, Henri de Jouvenel, et devient journaliste. Elle doit d’abord signer ses textes sous un nom d’emprunt, mais s’impose très vite pour la grande qualité de ses articles et son engagement. Elle va jusqu’à sauter dans un train en marche pour interviewer une reine.

Colette en compagnie de ses chats.

Colette avec ses chats vers 1937

Photo : Getty Images / Manuel Freres

La consécration

En 1920, elle vit une relation avec le fils de 17 ans de son mari, Bertrand de Jouvenel. Cela lui inspire les romans Chéri et Le blé en herbe, ce dernier comptant parmi ses plus célèbres. C’est son âge d’or en tant qu’écrivaine, et celui de la consécration. Elle reçoit la Légion d’honneur, et ses contemporains masculins, comme André Gide et Marcel Proust, saluent son génie.

En 1935, elle épouse son dernier mari, Maurice Goudeket, qui a 16 ans de moins qu’elle. En plus d’accompagner Colette au moment où celle-ci est aux prises avec une arthrose douloureuse qui la paralyse, c’est lui qui gère et réédite son œuvre après sa mort, en 1954.

Colette en 1949.

Colette en 1949

Photo : Getty Images / John Craven

Controversée jusqu’au bout

Le scandale aura suivi Colette jusqu’à la fin, et même au-delà, la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur de France s’étant opposée à ce que Colette reçoive le grade de grand officier de la Légion d’honneur, en 1953, ou des funérailles nationales à sa mort. Les pressions du gouvernement et de la Société des amis de Colette auront finalement raison de cette résistance.

Colette a été la première femme en France à recevoir des funérailles nationales, mais l’Église a refusé de lui accorder des funérailles religieuses.

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