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Gérald Leblanc, le poète de la modernité acadienne

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

Gérald Leblanc, le poète de la modernité acadienne

Gérald Leblanc

Gérald Leblanc

Photo : Nuit blanche magazine littéraire / Francine Dion

Héritier de la beat generation comme de Gaston Miron, il a été une figure de proue de la vie culturelle acadienne jusqu'à sa mort, en 2005. Également éditeur, animateur ainsi que parolier pour des artistes comme 1755, Idée du Nord et Marie-Jo Thério, il écrivait la sensualité, le désir, l'urbanité et l'américanité dans une poésie sans tabous, empreinte d'humour. Herménégilde Chiasson, ex-lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, explique à Jacques Beauchamp que Gérald Leblanc se réclamait d'une Acadie imaginaire, dont l'épicentre était Moncton.

Né à Bouctouche en 1945, il évolue dans un milieu essentiellement anglophone avant de prendre racine dans la capitale néo-brunswickoise, où il devient une sorte de griot pour la scène culturelle francophone.

Un style bien à lui

Alors qu’Antonine Maillet a fait passer la culture acadienne de l’oral à l’écrit, Gérald Leblanc privilégie un style contemporain, urbain, écrit au « je », et n’hésite pas à traduire son amour pour l’œuvre de Ginsberg et de Kerouac avec un style narratif typique des auteurs américains. Il écrit dans un français châtié, et non en chiac, mais n’hésite pas à bousculer la syntaxe pour briser les perceptions et lever le rideau sur l’existentiel.

j’étais waiter dans un abri nucléaire, en standby pour une autre planète. je voulais t’écrire une lettre d’amour car ma plume enregistrait 6.5 sur l’échelle Richter. les personnages de Lawrence Ferlinghetti y venaient souvent. Andy Warhol imprimait les menus sur des airs cristallins de Philip Glass. Nina Hagen se teignait les cheveux dans le lavabo pendant que je rinçais les verres radioactifs.et je rêvais de Moncton, nostalgie d’un passé où j’avais compris que toutes mes mémoires se ranimeraient dans le refoule éternel du Petitcodiac.

Gérald Leblanc, Géographie de la nuit rouge

En 1995, il publie néanmoins le recueil de poèmes Éloge du chiac en solidarité avec ses compatriotes ayant choisi de s’exprimer dans cette langue.

Gérald Leblanc en train de lire ses poèmes sur scène.

Gérald Leblanc en pleine lecture publique

Photo : YouTube

Le centre du monde

À Moncton – la seule ville du monde avec New York selon lui –, il est un personnage public. L’activité intellectuelle accrue depuis l’arrivée de l’Université de Moncton, dans les années 1970, le nourrit et l’inspire. Il est constamment entouré d’artistes et de musiciens à qui il sert de mentor, même lorsque ces derniers proviennent de domaines qu’il connaît moins, comme les arts visuels.

Opposé à l’idée que l’Acadie puisse vivre pleinement dans le cœur de la diaspora, il considère plutôt nécessaire d’investir son territoire. Pour lui, Moncton comme une capitale culturelle et magnifie son importance lorsqu’il en parle à autrui ou écrit à son sujet. À une époque où être artiste francophone dans les Maritimes condamne à la marginalité, il veut faire rayonner l’œuvre d’autrui afin qu’il puisse lui-même trouver sa place.

Selon Herménégilde Chiasson, comme poète, Gérald Leblanc a créé une œuvre accessible et sincère, mais il a aussi été un ambassadeur dont le travail de défrichage a servi à ceux qui l’ont suivi.

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