•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Joseph « Beausoleil » Broussard, héros têtu de la résistance acadienne

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

En reprise tout l'été
Du lundi au vendredi de 23 h 30 à minuit

Joseph « Beausoleil » Broussard, héros têtu de la résistance acadienne

En 1755, les troupes britanniques ont imposé l'exil aux Acadiens.

Dessin montrant le début du Grand Dérangement en 1755

Photo : Getty Images / Hulton Archive

Tout au long de sa vie ou presque, il s'est révolté contre la présence britannique en Acadie, et a même réussi à échapper à la capture sept ans après la déportation. Il a contribué à la défaite des Anglais à Grand-Pré, et leur a donné du fil à retordre lors de la prise du fort de Beauséjour. On le raconte toujours dans la poésie et la littérature acadiennes, et une ville de Louisiane porte son nom. Maurice Basque, historien, décrit à Jacques Beauchamp le caractère impétueux d'un homme à qui sa famille a dû venir en aide plus d'une fois.

Joseph Broussard naît à Port-Royal en 1702. Son père est impliqué dans l’opposition à la conquête anglaise de l’Acadie, en 1710, et est d’ailleurs arrêté à cette occasion. Le jeune Joseph montre très vite un tempérament plus sanguin encore que ce dernier, ce qui inquiète sa famille. Pis, il fréquente les Micmacs et parle leur langue, ce que les Anglais désapprouvent.

Premières offenses

À la suite d’une attaque micmaque contre les troupes britanniques à laquelle il participe, il doit déménager en compagnie de son frère et de leurs épouses, pour se faire oublier. Son surnom pourrait venir du petit hameau qu’ils ont occupé, sur la rive de la rivière Petitcodiac.

En 1726, une femme l’accuse d’un crime de mœurs, soit d’être le père d’un enfant illégitime. Sa famille doit le secourir et payer une pension pour l’enfant, et Beausoleil doit à nouveau plier bagage avec son clan, cette fois pour Chipoudy.

De délinquant à ennemi numéro un

À partir des années 1740, les troupes françaises tentent régulièrement de reprendre l’Acadie avec l’aide des Canadiens français de la vallée du Saint-Laurent. Beausoleil se joint à eux lors de la bataille de Grand-Pré, en février 1747. L’attaque a lieu en pleine nuit, en pleine tempête, et se solde par une victoire franco-canadienne.

Vue sur une église sur le lieu historique national de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse.

Vue de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse, où Joseph Broussard a accompli ses faits d'armes les plus marquants, en 1747

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Broussard participe à d’autres raids du genre. En 1749, à Dartmouth, des civils sont tués lors une de ses expéditions en compagnie de Micmacs à Dartmouth. Dès lors, sa tête est mise à prix par le gouverneur du Massachusetts.

Ces Acadiens qui s’agitent avant le Grand Dérangement jouent un rôle assez important pour que les Britanniques disent : "C’est suffisant. Tous les Acadiens sont comme ces hommes; on ne peut leur faire confiance."

Maurice Basque

Lors du siège du fort Beauséjour, en 1755, les troupes françaises se rendent, mais Beausoleil et ses hommes attaquent quand même les soldats anglais qui le gardent. Le commandant français sur place salue son courage.

Ruines du fort Beauséjour, en Nouvelle-Écosse.

Vue sur les ruines du fort Beauséjour, en Nouvelle-Écosse, que Beausoleil Broussard a tenté de défendre en 1755.

Photo : Radio-Canada

Bravoure dans le maquis

Au moment de la déportation, il se cache en forêt avec sa famille et continue à lutter, même au-delà de la chute de Québec, en 1759. Avec l’appui du gouverneur de Québec, les frères Broussard attaquent des détachements britanniques, prennent des prisonniers et arment des goélettes. Blessé au pied en 1758, il joint d’autres Acadiens réfugiés près de Miramichi.

En 1761, il se rend aux autorités britanniques et séjourne brièvement en prison. À sa sortie, il tente de vivre à Saint-Domingue, mais opte finalement pour la Louisiane, où il est accueilli en héros.

Il devient capitaine de milice, mais meurt peu de temps après, en 1765.

Selon Maurice Basque, Beausoleil Broussard est l’incarnation de l’esprit de résistance acadien. Tant de son vivant qu’après sa mort, son exemple a encouragé ses compatriotes.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi