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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 6 novembre 2019

Pierre-Esprit Radisson, le caméléon de la Nouvelle-France

Publié le

Gravure à l'effigie de l'explorateur Pierre-Esprit Radisson (1636-1710).
Pierre-Esprit Radisson (1636-1710)   Photo : Getty Images / Bettmann

Il pouvait commercer avec les Anglais, les Français, les Iroquois et maintes autres nations autochtones du Nouveau Monde, souvent en parlant leur langue. Habile commerçant, fin négociateur et homme de lettres, ce coureur des bois a laissé derrière lui des écrits donnant un rare point de vue laïc sur l'époque de la Nouvelle-France. L'historien Gilles Havard explique à Jacques Beauchamp que c'est par opportunisme que Pierre-Esprit Radisson a changé d'allégeance, passant des Français aux Anglais, et vice-versa.

Fils d’un marchand de textile bourgeois, il naît dans le marais parisien et reçoit probablement une éducation. À la mort de ses parents, entre 1645 et 1650, il émigre à Trois-Rivières.

Lors d’une partie de chasse, peu de temps après son arrivée, il est capturé par des Iroquois. Alors que ses deux compagnons sont tués, il est emmené dans un village et adopté par une famille iroquoise. Il reçoit de nouveaux vêtements et les peintures corporelles d’usage, et apprend les rudiments du mohawk.

Le petit orphelin, finalement, trouve une nouvelle famille. Il y a toute une ambivalence qui commence à se créer sur son positionnement identitaire, puisqu’il devient un petit peu un Iroquois.

Gilles Havard
Pierre-Esprit Radisson accompagné d'Autochtones dans un canot lors d'une expédition dans les Grands Lacs.
Pierre-Esprit Radisson à la tête d'une expédition dans les Grands Lacs en 1659-1660   Photo : Frederic Remington (domaine public) / Source : Wikipedia

Rencontre déterminante

En 1659, Pierre-Esprit fait la connaissance de Médard Chouart des Groseillers, un interprète d’origine picarde qui parle couramment huron. Ce dernier lui montre comment commercer avec les Autochtones. C’est le début de leurs aventures en tant que coureurs des bois.

En 1660, ils tiennent la première rencontre documentée entre des Français et des Sioux. C’est d’eux qu’ils entendent parler de la baie d’Hudson, décrite comme l’eldorado pour les peaux de castor.

Ensemble, Radisson et Des Groseillers fomentent le projet d’exploiter cette région pour la vente de pelleteries. Pour aller plus vite et pour éviter les dangers de la voie des Outaouais, ils prennent le chemin des mers nordiques afin d’atteindre la baie d’Hudson et de commercer d’abord avec les Cris.

La baie de la discorde

À la fin des années 1660, le tandem est officiellement à l’emploi des Britanniques. En 1670, il se rend à Londres pour fonder officiellement la Compagnie de la Baie d’Hudson. À partir de 1675, toutefois, Radisson et Des Groseillers repassent au service de la France et combattent l’entité même qu’ils ont créée.

En 1682, Radisson devient chef de poste à la baie d’Hudson pour une compagnie française. Vingt et un ans plus tard, il change pour une dernière fois de camp et retourne à la Compagnie de la Baie d’Hudson sous la bannière des Anglais.

En 1687, il est naturalisé anglais, une nationalité qu’il épouse jusqu’à sa mort, en 1710. Médard Chouart des Groseillers, lui, s’est réinstallé au Canada en 1684.

Jacques Godin jouait Pierre-Esprit Radisson dans le téléroman <i>Radisson</i>, en 1957.
Jacques Godin en Pierre-Esprit Radisson dans le téléroman Radisson, en 1957   Photo : Radio-Canada/Henri Paul

Traces en masse

Selon Gilles Havard, Radisson est entré dans l’histoire à force de traces dans les documents d’époque des Français comme des Anglais. Parmi les nombreux documents qu’il a écrits, on compte notamment une autobiographie manuscrite, qui n’a été publiée qu’en 1885.

L’historien constate que les historiographies françaises et anglaises n’ont pas toujours le même regard sur l’aventurier, mais que peu de personnages ont eu, comme lui, un rôle à jouer auprès des deux empires colonisateurs.

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