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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 30 octobre 2019

Anne Hébert, l’auteure secrète à la vie intérieure riche

Publié le

Anne Hébert.
Anne Hébert en 1977   Photo : Radio-Canada

Partagée toute sa vie entre la France de ses lectures et son Québec natal, elle a signé des œuvres phares qui décrivent des passions tourmentées menant à des explosions de violence. Avec Kamouraska (1970) et Les fous de Bassan (1982), elle a dépeint le fossé entre la surface des choses et le tourbillon qui couve. Marie-Andrée Lamontagne, écrivaine, explique à Jacques Beauchamp qu'Anne Hébert s'est inspirée toute sa vie des tourments de son âme, ressentis bien avant qu'elle n'écrive.

Fille d’un fonctionnaire de la petite bourgeoisie qui était aussi critique littéraire, elle baigne toute sa jeunesse dans les livres. Sentant son don pour l’écriture, son père l’encourage.

Anne Hébert.
Anne Hébert en 1952 Photo : Radio-Canada

Modestes débuts, lourds échos

Au cours des années 1930, elle publie son premier recueil de poésie. Dans les années 1940, elle écrit des pièces pour la radio. C’est aussi, toutefois, une période durant laquelle elle vit en recluse dans sa chambre en raison d’une maladie. Selon Marie-Andrée Lamontagne, elle y puisera plus tard l’inspiration pour plusieurs de ses romans, notamment Les fous de Bassan, dont l’action se déroule durant la même époque.

En 1950, puis en 1953, elle publie Le torrent et Le tombeau des rois, respectivement un recueil de nouvelles et un recueil de poèmes. Comme la guerre a décimé les maisons d’édition, elle doit procéder à compte d’auteure, mais les deux ouvrages n’attirent pas moins l’attention de la critique, du public et des préfaciers.

L’appel persistant de la France

En 1954, une bourse lui permet de s’envoler pour la France. Au lieu d’y passer un an comme prévu, elle y reste trois fois cela. Elle fera l’aller-retour entre les deux pays pendant 40 ans.

Pour moi, Anne Hébert naît deux fois. Elle naît en 1916 comme bébé et elle naît à ce moment-là à la littérature. […] C’est la France qui est l’horizon culturel, et Anne Hébert est nourrie de lectures françaises. Il y a un savoir, il y a un déjà lu, en fait, qui se montrent sous ses yeux, mais en même temps, ce sentiment d’étrangeté, parce qu’on est aussi d’un pays, d’un terroir, et cette ambivalence-là vont nourrir son œuvre profondément.

Marie-Andrée Lamontagne

Vers les sommets

Avec Kamouraska, en 1970, elle s’impose comme l’une des grandes plumes québécoises. Avec Les fous de Bassan (1982), elle remporte le prestigieux prix Femina, en France. Les deux œuvres sont adaptées au cinéma.

L’immense intérêt de Kamouraska, c’est que chez Anne Hébert, il y a toujours la surface des choses, la surface des êtres – ce qu’ils disent, les expressions des visages, les tempéraments, ce qui affleure à la surface – et les remous de la vie intérieure. […] La mort et l’amour sont mêlés très étroitement. La forme – elle y a travaillé pendant 5 ans – est aussi très riche. C’est un tour de force stylistique, et aussi sur le plan historique.

Marie-Andrée Lamontagne
Anne Hébert.
Anne Hébert, date inconnue Photo : Radio-Canada

Le déchirement

L’âge et les problèmes de santé l’incitent à revenir au Québec, où elle meurt en 2000. Déchirée entre ses deux ports d’attache, elle dit être décontenancée de ne plus reconnaître le Québec.

Selon Marie-Andrée Lamontagne, Anne Hébert a laissé en héritage une pratique de la littérature selon ses standards les plus élevés, de même qu’un rappel du lien étroit qui lie le Québec à la France.

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