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Pacifique Plante, l’incorruptible justicier

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

Pacifique Plante, l’incorruptible justicier

Pacifique Plante.

Pacifique Plante en 1954

Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec / Gabriel Desmarais

C'est une véritable croisade que cet avocat, surnommé affectueusement « Pax », organise contre la pègre et la corruption dans le Montréal des années 1940. S'inscrivant dans la tradition nord-américaine des justiciers incorruptibles, Pacifique Plante incarne le héros fonceur et spectaculaire. « C'est notre Eliot Ness », explique le journaliste Marc Laurendeau.

Retracer l’histoire de cet homme de droit, c’est inévitablement plonger dans les souvenirs de Montréal, ville ouverte de cette époque. La métropole est à ce moment le seul centre urbain qui n'est pas régi par la loi de la prohibition, comme nous le rappelle Marc Laurendeau. On y retrouve un quartier de la prostitution (Red Light) comprenant des maisons closes, des débits d’alcool clandestins, des maisons de jeux illégales et des spectacles d’effeuilleuses très osés pour l’époque. À l’été 1946, le roi de la pègre montréalaise, Harry Davis, se fait assassiner. Le meurtrier Louis Bercowitz se confesse à la presse anglophone et révèle ainsi toute l’ampleur de la corruption au sein du monde municipal et de la police à Montréal, comme l’explique Marc Laurendeau.

L’avocat de la police de Montréal Pacifique Plante

L’avocat de la police de Montréal Pacifique Plante

Photo : Bibliothèque et Archives Canada / /The Standard, 2 août 1947.

Pacifique Plante entre en scène

Alors greffier de la cour municipale (anciennement Cour du recorder), « Pax » Plante est témoin de toutes sortes d’irrégularités, de corruption et de procédures négligées. En réponse aux révélations faites et à l’opinion publique qui s’emballe, il prend alors officieusement la tête de l’escouade de la moralité afin d’aider le chef de police de l’époque à faire le ménage dans cette ville gangrenée par le laxisme des élus municipaux et par la pègre.

Ce n’était pas un moine purificateur, comme le Florentin Savonarole, mais c’était plutôt quelqu’un qui voulait une application réelle de la loi.

Marc Laurendeau
Une du journal <i>Le Canada</i> du 8 mai 1948, annonçant le congédiement de Pacifique Plante.

Une du journal Le Canada du 8 mai 1948, annonçant le congédiement de Pacifique Plante

Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Pacifique Plante a le sens du spectacle, c’est pourquoi il n’hésite pas à mettre de l’avant son travail en faisant appel à la presse lors de descentes policières dans différents lieux clandestins.

« Pax » Plante est pourtant démis de ses fonctions en 1948. En réaction à ce congédiement, il prend la plume pour le journal Le Devoir où il publie une soixantaine d’articles dénonçant les divers faits de corruption à Montréal et la complicité avec les élus municipaux. « Il a une incroyable capacité de rebond », raconte Marc Laurendeau. C’est au journal Le Devoir que « Pax » Plante fait la rencontre de Jean Drapeau. Ensemble, ils font équipe et préparent un dossier bien ficelé qui est ensuite déposé à la Cour supérieure, donnant naissance à la commission d’enquête Caron. Peu de temps après, le nouveau maire élu, Jean Drapeau, nomme M. Plante comme chef de police de Montréal. Ce dernier poursuit ainsi son travail acharné de lutte contre le vice et le crime organisé.

Lorsque Jean Drapeau est chassé de la mairie de Montréal par Sarto Fournier en 1957, Pacifique Plante perd son poste de chef de police. Cette défaite marque pour lui la fin d’une époque et il décide de s’exiler au Mexique où il finit ses jours en 1976. Aujourd’hui, « Pax » Plante reste un personnage de l’histoire qui a marqué l’imaginaire des Montréalais et plus largement des Québécois.

RÉFÉRENCES

  • LAPOINTE, Mathieu, Nettoyer Montréal : thèse de doctorat en histoire sur les campagnes de moralité publique 1940-1954, Éd. Sptentrion Québec (Qué) 2014, 395 pages
  • STANKÉ, Alain et MORGAN, Jean-Louis, PAX : Lutte à finir avec la pègre, Éd. La Presse Montréal 1972, 254 pages
  • WEINTRAUB, William, City Unique, Montreal Days and Nights in the1940s and '50s, Éd. Robin Brass Studios Inc, Montréal, 332 pages

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