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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Les parapluies de Cherbourg, le classique enchanté et audacieux du cinéma français

Un homme et une femme s'enlacent dans cette photo tirée du film <i>Les parapluies de Cherbourg</i>.

Nino Castelnuovo et Catherine Deneuve dans Les parapluies de Cherbourg

Photo : Getty Images / Hulton Archive

Sous des dehors de fable chantée douce, attendrissante et belle, Jacques Demy et Michel Legrand ont rompu avec les codes du cinéma et porté un regard dur sur l'étanchéité des classes sociales. Voilà pourquoi plus d'un demi-siècle plus tard, le cinéma s'inspire encore du drame musical de 1964, racontant un amour désuni au temps de la guerre d'Algérie. Michel Coulombe, chroniqueur cinéma, raconte à Jacques Beauchamp comment Les parapluies de Cherbourg a tracé la carrière du réalisateur, du compositeur et de la tête d'affiche du film, Catherine Deneuve.

Jacques Demy et Michel Legrand, qui n’en sont pas à leur première collaboration, planchent d’abord sur un scénario conventionnel. C’est Legrand qui a l’idée d’y ajouter des chansons. Une simple transformation des dialogues en morceaux musicaux s’avérant non concluante, ils optent plutôt pour leur inclusion dans un scénario s’apparentant à un livret d’opéra.

Des paroles en airs

Legrand penche pour une partition formelle, complexe. Demy insiste pour conserver le souffle fluide d’un dialogue parlé. La musique inclut des thèmes récurrents, mais les rimes sont absentes et les airs, en apparence aléatoires. Le tandem passe plusieurs mois au piano à trouver la formule juste, à ajouter ou à retrancher des syllabes, par-ci, par-là.

Loin des films à chansons que faisait Bourvil comme des comédies musicales à l’américaine, le film peine à trouver son producteur. Mag Bodard, qui finit par le produire, trouve initialement la musique trop triste. Même une fois le tournage lancé, le financement demeure ardu.

Catherine Deneuve dans l'embrasure d'une fenêtre sur cette photo tirée du film <i>Les parapluies de Cherbourg</i>.

Catherine Deneuve dans Les parapluies de Cherbourg. Le film a lancé sa carrière d'actrice.

Photo : Getty Images / Hulton Archive

Tapissé de bonnes idées

Visuellement, le film repose largement sur l’utilisation de papier peint, qui compose 90 % des décors. Chaque personnage est représenté par une couleur, et les costumes sont harmonisés aux décors, complétant la rupture de l’œuvre avec le réalisme.

Selon Michel Coulombe, il en résulte quelques scènes d’anthologie, dont une où le couple que forment Geneviève (Catherine Deneuve) et Guy (Nino Castelnuovo) se dit adieu dans une gare.

C’est, de toutes les scènes d’adieux sur les quais de gare, pour moi, la plus merveilleuse, parce qu’il y a effectivement ces airs, qui sont vraiment très, très touchants [et] quelque chose de très beau qui se passe à ce moment-là. Ce qui m’a d’une certaine façon rassuré, consolé par la suite, c’est quand j’ai appris que Michel Legrand, au moment où il travaillait la partition, mettait des petits mouchoirs dedans. […] Dans le cas de cette scène, j’en étais probablement à mon troisième mouchoir, parce que c’est extrêmement émouvant. C’est simple; ce n’est jamais très compliqué, cette histoire-là.

Michel Coulombe
Michel Legrand et Jacques Demy. Les deux portent un tuxedo.

Le compositeur Michel Legrand et le réalisateur Jacques Demy tiennent la Palme d'or remise au film Les Parapluies de Cherbourg, en 1964.

Photo : Getty Images

L’héritage d’un pari réussi

Le film remporte un grand succès commercial ainsi que la Palme d’or au Festival de Cannes de 1964. Le duo Jacques Demy-Michel Legrand est encouragé par les producteurs à continuer dans la veine musicale.

Catherine Deneuve, qui ne se destinait pas au cinéma, trouve pour sa part sa vocation en faisant le film.

Selon Michel Coulombe, Les parapluies de Cherbourg représente la rencontre totale de deux créateurs au sommet de leur talent, une rencontre à laquelle des cinéastes modernes comme Christophe Honoré et Damien Chazelle doivent beaucoup.

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