Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 17 octobre 2019

Le destin tragique de Judy Garland, artiste lumineuse et torturée

Publié le

Judy Garland regarde au loin, ses deux mains ouvertes entourant son visage.
Judy Garland vers 1950   Photo : Getty Images / Hulton Archive

À l'écran comme sur scène, l'actrice et chanteuse a incarné l'Amérique insouciante et triomphante pendant qu'en privé, ses proches et ses associés profitaient de son talent. Pour combler les attentes, elle brûlait la chandelle par les deux bouts, notamment en abusant de barbituriques. Éric Fourlanty, ancien critique de cinéma, raconte à Jacques Beauchamp comment, jusqu'à son déclin prématuré à l'aube de la cinquantaine, Judy Garland savait renaître de ses cendres après chaque creux de vague.

Portrait des Gumm Sisters en 1935.
Les Gumm Sisters en 1935 : Mary Jane Gumm, Frances Ethel Gumm (alias Judy Garland) et Dorothy Virginia Gumm   Photo : Domaine public

Dès sa tendre enfance, elle travaille constamment. Avec ses sœurs, elle forme les Gumm Sisters, un trio créé par ses parents. Sa mère, qui avait toujours rêvé d’être célèbre, vit par procuration à travers Judy, la cadette et la vedette du groupe.

Après l’avoir entendue chanter, les studios MGM mettent Judy sous contrat sans autre audition, une rareté.

Film magique

En 1939, elle devient célèbre en jouant Dorothy Gale dans Le magicien d’Oz. Le film lui vaut un « Oscar juvénile », une catégorie honorifique réservée aux mineurs. La chanson qui lui sera à jamais associée, Over the Rainbow, passe près d’être coupée au montage – la MGM la trouve trop déprimante.

Des fissures dans le vernis

Au terme d’une série de comédies musicales dans lesquelles elle partage la vedette avec Mickey Rooney, elle présente déjà des signes d’épuisement. Elle a 21 ans et désire jouer des rôles plus mûrs, mais la MGM et sa propre mère la tiennent en laisse. On l’incite à consommer des médicaments nuit et jour ainsi qu’à suivre un régime strict.

Le film Le chant du Missouri, en 1943, marque sa rencontre avec le réalisateur Vincente Minnelli, qu’elle épouse, ainsi que son premier rôle véritablement adulte. De 1944 à 1948, elle tourne moins, mais elle est plus populaire que jamais.

La tourmente dans son mariage aggrave cependant ses problèmes de dépendance et après avoir dû la remplacer sur trois tournages, la MGM met fin à son contrat. Judy Garland a 28 ans.

Judy Garland assise chez elle en 1944.
Judy Garland au sommet de sa gloire, en 1944 Photo : Getty Images/Hulton Archive

Renaître sur scène

Appuyée par son troisième mari, Sidney Luft, elle se consacre aux concerts. L’accueil chaleureux du public britannique lui fait connaître une première renaissance.

Sidney Luft tente de lui faire reconquérir Hollywood en produisant Une étoile est née en 1954. Le film connaît un grand succès, mais l’Oscar échappe à Judy Garland.

Ça n’a pas été le début de la fin, mais ça a été un coup très, très dur pour Garland, parce qu’elle comprend qu’elle ne pourra jamais regagner cette popularité qu’elle avait connue à Hollywood.

Éric Fourlanty
Judy Garland et son mari Mickey Deans en train de tailler une part d'un gâteau de mariage.
Judy Garland lors de son mariage avec le musicien Mickey Deans, le 15 mars 1969 Photo : Getty Images/Evening Standard

La lente mort d’une étoile

Au cours des années 1950, elle travaille sans arrêt, mais ses creux de vague sont de plus en plus profonds et ses problèmes de dépendance, de plus en plus graves. À la fin de la décennie, elle pèse 81 kilos, le volume de son foie a quadruplé, et les médecins prévoient qu’elle ne pourra plus chanter.

Au début des années 1960, elle donne néanmoins un spectacle mythique à Carnegie Hall. Un album et un spécial télévisé en sont extraits, et ce succès lui vaut un contrat avec CBS pour une émission de variétés. En raison de cotes d’écoute décevantes, l’aventure prend fin après 26 épisodes, précipitant à nouveau la vedette dans les abysses.

Cinq ans plus tard, en 1969, Judy Garland succombe à une surdose de barbituriques aggravée par 40 ans d’abus.

Selon Éric Fourlanty, le fait qu’elle ait été une femme a facilité son exploitation par les hommes de sa vie, privée autant que professionnelle.

Chargement en cours