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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 14 octobre 2019

La ruée vers l’or du Klondike, un aller simple pour la fortune ou la misère

Publié le

Photos en noir et blanc montrant des prospecteurs du Klondike au travail en 1897.
Des prospecteurs du Klondike montrent fièrement leurs récoltes en 1897.   Photo : Getty Images / Hulton Archive

L'attrait de la richesse, l'esprit d'aventure, le rêve de repousser les frontières... C'est un peu tout cela qui a attiré 100 000 aspirants prospecteurs d'or à Dawson City, aux abords de la rivière Klondike dans le Yukon, de 1896 à 1898. De ce nombre, seulement 30 000 sont arrivés à destination, et quelques centaines à peine ont touché le pactole. Frédéric Bastien, professeur d'histoire, raconte à Jacques Beauchamp comment le pire et le meilleur de la nature humaine se sont côtoyés dans le Klondike.

En 1896, George Carmack, prospecteur américain installé de longue date au Yukon, découvre un peu d’or dans un petit ruisseau relié à la rivière Klondike.

Au moment où la crise économique plombe, la nouvelle résonne lentement, mais sûrement le long de la côte Ouest, ravivant les espoirs de la ruée vers l’or californienne de 1849, puis celle de l’Alaska en 1859. En Alaska, les villages se vident. À Seattle, le maire et la moitié du corps de pompiers démissionnent en bloc. Tous veulent leur part de l’or du Yukon.

Photo en noir et blanc montrant un groupe de prospecteurs en train de faire la traversée des montagnes vers le Klondike en 1897.
Pour atteindre le Klondike, les prospecteurs devaient transporter 75 à 200 livres d'équipement à travers deux cols escarpés. Cette photo de 1897 en montre un groupe en pleine traversée. Photo : Getty Images/Hulton Archive

Périlleux périple

Le voyage n’est pas simple. Les embarcations sont trop peu nombreuses, surchargées, et la côte alaskienne, point d’entrée par excellence, n’a pas de port pour les accueillir. Les prospecteurs sont souvent des amateurs à l’équipement insuffisant. Une fois débarqués en Alaska, ils ont deux cols escarpés ainsi qu’une rivière déchaînée à traverser à pied, et il n’est pas rare que des chevaux meurent avant d’arriver à destination.

En outre, la police montée effectue des contrôles serrés, n’autorisant que les nouveaux arrivants pourvus des outils nécessaires et d’assez de vivres pour un an afin de limiter les pressions sur Dawson City, ville champignon à proximité des gisements.

C’est une aventure absolument incroyable.

Frédéric Bastien
Des hommes en costume marchant sur un trottoir de Dawson City en 1898.
Dawson City pendant la ruée vers l'or du Klondike, en 1898. Photo : Getty Images/Henry Guttmann Collection

L’essor fulgurant d’une drôle de ville

En deux ans, Dawson City passe de camp de pêcheurs à une ville de 40 000 habitants. On n’y utilise pas les devises régulières, mais bien la poudre d’or comme monnaie d’échange. L’équipement et la nourriture s’y vendent à des prix astronomiques et les pénuries sont fréquentes.

L’alcool, le jeu et la prostitution y deviennent vite des industries florissantes. De nombreux prospecteurs y risquent leurs nouveaux gains et perdent gros, parfois même tout.

Il y a une démesure dans cette ville champignon. Ça devient une attraction touristique. C’est vraiment quelque chose de très particulier.

Frédéric Bastien
Photo en noir et blanc montrant des prospecteurs au travail durant la ruée vers l'or du Klondike, en 1898.
Des prospecteurs au travail durant la ruée vers l'or du Klondike, en 1898. Photo : Getty Images/Hulton Archive

Abrupte fin

En 1898, l’or se fait plus rare dans la région et la course vers Dawson City devient moins effrénée. Les prospecteurs convergent plutôt vers l’Alaska, où un nouveau gisement vient d’être découvert.

Aujourd’hui, l’industrie aurifère perdure à Dawson City, mais le village est redevenu une modeste bourgade de 1300 habitants.

Pour conserver son cachet historique, on impose toutefois aux nouvelles constructions de respecter l’esthétique du 19e siècle.

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