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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 8 octobre 2019

La percée du Parti égalité, ou le ras-le-bol des Anglo-Québécois

Publié le

Les 4 députés élus sous la bannière du Parti Égalité en octobre 1989
Robert Libman (à l'avant-plan) et les trois autres députés élus sous la bannière du Parti Égalité, en octobre 1989.   Photo : La Presse canadienne / Clément Allard

Le 25 septembre 1989, un petit parti formé à l'improviste par des Montréalais anglophones fâchés par une décision de Robert Bourassa fait élire, contre toute attente, quatre députés. Dirigé par Robert Libman, le Parti égalité prône l'abolition de la loi 101 et la reconnaissance du bilinguisme au Québec. Jean-Charles Panneton, historien et politologue, raconte à Jacques Beauchamp que le Parti égalité a confirmé le divorce d'une frange de la communauté anglophone avec le Parti libéral du Québec (PLQ).

L’avènement du parti résulte du dépôt, en 1988 par les libéraux de Robert Bourassa, du projet de loi 178, visant à amender la Charte de la langue française.

Un arrêt de la Cour suprême ayant confirmé une décision de la Cour supérieure qui invalide les articles faisant du français la seule langue d’affichage au Québec, Bourassa invoque la clause dérogatoire de la Constitution de 1982. Cela lui permet d’adopter la loi, imposant la prédominance du français en matière d’affichage.

Robert Libman s'adressant aux médias en 1991.
Robert Libman s'adressant aux médias en 1991 Photo : The Canadian Press/Jacques Boissinot

L’affront de trop

Pour certains anglophones, c’est la bourde de trop de Robert Bourassa dans le dossier linguistique. C’est également lui qui, au milieu des années 1970, avait adopté la Loi sur la langue officielle, qui oblige les enfants à passer des tests pour évaluer la pertinence de les envoyer à l’école anglaise.

Le Parti égalité naît d’un mouvement citoyen d’une centaine de bénévoles sans lien avec la politique. À leur tête : Robert Libman, un jeune architecte de 28 ans. Pendant que l’establishment anglophone continue d’appuyer le PLQ, le Parti égalité, lui, souhaite une meilleure reconnaissance des droits des anglophones et allophones.

Une gifle aux libéraux

Malgré l’absence de moyens et d’expertise politique, et après une campagne de terrain, les candidats du parti l’emportent haut la main dans quatre circonscriptions anglophones de Montréal : Notre-Dame-de-Grâce, Wesmount, D’Arcy-McGee et Jacques-Cartier.

Globalement, le parti n’obtient que 3,7 % des suffrages, mais dans ces circonscriptions, il récolte plus de 55 % des voix.

C’est un divorce complet. Le message est très dur et ça fait quand même mal au PLQ, qui en prendra bonne note. On le sait, par la suite, on ne parlera plus de la question linguistique. On va même parler, dans certains cas, de bilinguisme. On va s’aligner un peu plus sur la politique linguistique canadienne.

Jean-Charles Panneton
Logo du Parti égalité.
Le logo du Parti égalité   Photo : Parti égalité

Règne bref

Si la crise constitutionnelle favorise l’émergence du parti, c’est aussi elle qui provoque son déclin. Essentiellement préoccupé par la linguistique, il peine à se prononcer sur d’autres sujets.

Puis, viennent les échecs de l’accord du lac Meech et de l’accord de Charlottetown. La formation politique désapprouve en bloc le premier, mais se montre déchirée à propos du second. Trois des quatre députés, dont Robert Libman, quittent les rangs du parti pour siéger comme indépendants.

Le Parti égalité ne parvient pas à faire réélire de députés aux élections de 1994, de 1998, ni de 2003. Il se dissout finalement en 2012.

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