Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 7 octobre 2019

Léo Major, le héros de guerre canadien aux exploits dignes d’une légende

Publié le

Photo d'archives de Léo Major. Source : <i>Le fantôme borgne</i>, de Bruno Desrosiers, 2018.
Photo d'archives de Léo Major. Source : Le fantôme borgne, de Bruno Desrosiers, 2018   Photo : Radio-Canada

Le 13 avril 1945, ce tireur d'élite québécois a libéré à lui seul la ville de Zwolle, aux Pays-Bas, quelques semaines après avoir perdu l'usage d'un œil. Lors du débarquement de Normandie, il a torpillé un bunker et pris six prisonniers. La guerre de Corée a également été le théâtre de ses exploits. Luc Lépine, historien militaire, explique à Jacques Beauchamp que Léo Major avait un sens aigu de l'éthique, mais aussi un gros problème avec l'autorité.

Né aux États-Unis en 1921, Léo a une relation tendue avec son père durant sa jeunesse. Contraint de quitter le domicile familial tôt, il suit des cours de boxe et développe un tempérament rebelle, un goût pour la bouteille ainsi que pour les femmes, si bien qu’il est banni de plus d’une taverne.

En 1940, à l’approche de la conscription, alors qu’il n’a que 19 ans, l’armée lui paraît comme un bon moyen de gagner sa vie. Il devient tireur d’élite.

Photo d'archives de Léo Major. Source : <i>Le fantôme borgne</i>, de Bruno Desrosiers, 2018.
Photo d'archives de Léo Major. Source : Le fantôme borgne, de Bruno Desrosiers, 2018 Photo : Radio-Canada

Le fort appel du devoir

Le 6 juin 1944, il se démarque une première fois en faisant exploser un repaire ennemi et en prenant six hommes. À un autre soldat qui veut les exécuter, il affirme sa détermination à ne tuer que les hommes présentant une véritable menace.

Lors d’une patrouille, il est attaqué par quatre Allemands. Il en élimine trois, mais un quatrième lance une grenade incendiaire qui le rend borgne. Alors qu'il est également blessé aux chevilles et au dos, on lui ordonne de rentrer au pays, mais il refuse et retourne au front après un mois de convalescence.

Quelques semaines après, toutefois, il tente l’une de ses nombreuses désertions.

Photo d'archives de Léo Major. Source : <i>Le fantôme borgne</i>, de Bruno Desrosiers, 2018.
Photo d'archives de Léo Major. Source : Le fantôme borgne, de Bruno Desrosiers, 2018 Photo : Radio-Canada

Un pour tous

Dans la nuit du 13 avril 1945, il réalise son principal fait d’armes à Zwolle. Chargé de surveiller la ville et de prendre contact avec la Résistance, il est pris de court par une patrouille allemande, qui tue son partenaire. Saisissant les armes des morts, il capture l’officier d’une caserne SS et, lui faisant croire à une attaque imminente des Forces armées canadiennes, convainc ce dernier d’évacuer la ville.

Léo prend une arme, la met sur la tempe de l’officier allemand, prend un Jeep et se promène dans la ville en lançant des grenades et en demandant à l’officier de dire [à ses] hommes [de] quitter la ville. Imaginez : Zwolle est un peu comme Québec; c’est une ville fortifiée. […] Au petit matin, il prend contact avec la Résistance et envoie un message à son commandant : "La ville de Zwolle est libérée."

Luc Lépine
Léo Major et son épouse, Nicole. Source : <i>Le fantôme borgne</i>, de Bruno Desrosiers, 2018.
Léo Major et son épouse, Nicole, qui n'a rien su de ses exploits avant 1970. Source : Le fantôme borgne, de Bruno Desrosiers, 2018 Photo : Radio-Canada

Deuxième acte

Après un dur retour à la vie civile, il est invité à retourner au front lors de la guerre de Corée, en 1950. Lors d’un siège de 72 heures, il tient les troupes chinoises en respect grâce à un contact radio soutenu avec un obusier, à qui il donne des instructions minutieuses.

Léo était quelqu’un qui n’avait pas peur. S’il disait : "On avance", tout le monde le suivait, parce qu’il était le premier en avant. Il pensait à ses hommes avant tout. Il les protégeait tout en [passant] à l’action. C’était un leader né.

Luc Lépine

Au terme de cet ultime conflit, Léo Major peine à nouveau à s’intégrer à la vie civile et continue de travailler dans l’armée, notamment en devenant parachutiste.

Chargement en cours