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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 26 septembre 2019

Gilles Latulippe, le grand passeur du Québec comique

Publié le

Gilles Latulippe.
Gilles Latulippe en 1987   Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

En s'appropriant le théâtre burlesque des années 1930 et 1940, en l'amenant au petit écran, puis en lui donnant pignon sur rue avec le Théâtre des Variétés, l'humoriste a gardé en vie un pan important de l'humour québécois du 20e siècle. L'historien Pierre Lavoie explique à Jacques Beauchamp que Gilles Latulippe a consacré sa carrière à honorer le legs des Jean Grimaldi, Manda Parent, Olivier Guimond et La Poune.

Il naît en 1937, au moment où le burlesque est très populaire. Mais au moment où lui commence sa carrière, dans les années 1950, c’est en train de s’essouffler. Les théâtres de Jean Grimaldi […] ferment tranquillement. La médiatisation des artistes fait en sorte qu’ils demandent des cachets plus élevés, donc, c’est plus dur de faire des grands spectacles théâtraux. Dès les années 1960, Gilles Latulippe va vouloir aller puiser dans ce répertoire-là.

Pierre Lavoie
Gilles Latulippe en 1969.
Gilles Latulippe en 1969   Photo : Reynald Rompré

L’école de la scène

Alors qu’il travaille comme discothécaire à Radio-Canada, son collègue Yvon Deschamps lui conseille de prendre des cours d’art dramatique. En 1959, il fait ses débuts au théâtre avec la troupe La Roulotte, menée par Paul Buissonneau. Gratien Gélinas le remarque et lui confie le rôle du frère Nolasque dans Bousille et les justes.

Les années suivantes, il se consacre au cabaret. Il rencontre Olivier Guimond et développe son instinct comique.

En 1964, il passe au petit écran avec Le zoo du capitaine Bonhomme. L’équipe enregistre cinq heures d’émissions à la fois, le plus souvent sans le moindre texte. Il aiguise son talent d’improvisateur.

Quand il commence au Théâtre des Variétés, il n’a aucune idée de ce qu’il va faire avec les canevas burlesques d’une autre époque. Ce sont les artistes […] qui lui montrent comment réagir sur scène, comment toujours être prêt à développer à partir d’une toute petite prémisse. On part avec une ouverture, et après ça, on se lance pendant des heures, pratiquement. C’est un talent qu’il va garder jusqu’à la fin de sa vie.

Pierre Lavoie
Gilles Latulippe souriant à la caméra en 1972.
Gilles Latulippe en 1972 Photo : Radio-Canada

Cré Symphorien

Dans Cré Basile, il est invité à jouer Symphorien, un cousin du personnage principal (interprété par Olivier Guimond), pour un seul épisode. Le personnage revient finalement régulièrement et finit par avoir sa propre série, de 1970 à 1977.

Il achète en 1967 le Théâtre des Variétés. Avec l’aide de Jean Grimaldi, il ramène sur scène les grandes figures de son enfance : Manda Parent, Olivier Guimond, Denis Drouin, etc.

Jean Duceppe en veston cravate et Gilles Latulippe en soutane dans <i>Bousille et les justes</i>.
Jean Duceppe et Gilles Latulippe dans Bousille et les justes, en 1962. Photo : Radio-Canada

Dans les années 1980, il délaisse Télé-Métropole au profit de Radio-Canada. Dans le téléroman Poivre et sel, il adopte son premier rôle de composition, alors que ses personnages précédents étaient des dérivés de son personnage de scène. Aux démons du midi, qu’il coanime avec Suzanne Lapointe pendant six ans, ses racines burlesques lui servent à nouveau.

Gilles Latulippe, Janine Sutto et Yves Jacques dans <i>Poivre et sel</i>.
Gilles Latulippe, Janine Sutto et Yves Jacques dans Poivre et sel, en 1985 Photo : Radio-Canada/Jac Mat

Selon Pierre Lavoie, l’influence de Gilles Latulippe est évidente chez des artistes comme Dominic et Martin ou Les Denis Drolet, qui s’inspirent de sa manière d’opposer le comique au faire-valoir.

Suzanne Lapointe et Gilles Latulippe devant un rideau rouge dans <i>Les démons du midi</i> en 1987.
Suzanne Lapointe et Gilles Latulippe dans Les démons du midi en 1987. Photo : Radio-Canada/Jean-Pierre Karsenty

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