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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 24 septembre 2019

Peanuts, la bande dessinée révolutionnaire qui a attendri et fait réfléchir

Publié le

Charlie Brown et Lucy discutent.
Charlie Brown et Lucy, deux personnages de la série Peanuts   Photo : France Télévisions

Pendant 50 ans, Charles M. Schulz est entré dans l'intimité de centaines de millions de personnes avec des personnages reflétant chacun une facette de la psyché humaine, qui réfléchissent avec légèreté à des problèmes d'adultes, mais dans un monde d'enfants. Jean-Dominic Leduc, spécialiste de bande dessinée, raconte à Jacques Beauchamp que le dessinateur américain a livré un peu de lui-même dans les personnages de Charlie Brown, de Snoopy, de Linus et de Lucy.

Enfant solitaire, né de parents aux origines allemandes et norvégiennes, le jeune Charles Schulz se passionne très tôt pour les brèves bandes dessinées publiées dans les journaux. À l’adolescence, sa mère l’inscrit à un cours de dessin par correspondance. Avec l’aide de son père, il soumet régulièrement sa candidature à Disney, sans succès.

À 16 ans, il réussit enfin à faire publier un premier dessin dans une revue. Il y met en scène Spike, un personnage inspiré du chien de la famille.

Charles Schulz à sa table à dessin en 1997.
Charles Schulz en 1997   Photo : AP Photo/Ben Margot

Le petit arbre généalogique de Snoopy

Mobilisé pendant la guerre, il se consacre plus sérieusement à sa profession de rêve à son retour. Il tient enfin une formule gagnante avec Li’l Folks, une série à case unique et dépourvue de phylactères, mettant en scène une galerie de personnages enfantins. Celle-ci sera publiée dans les journaux par le truchement d’une agence de presse durant trois ans.

Au terme de ce premier contrat, une autre agence rachète les droits de la série et la rebaptise Peanuts, un nom que Schulz détestera jusqu’à la fin de ses jours. Elle est publiée à partie de 1950 dans un format plus pratique à quatre cases, qui donne plus de flexibilité aux journaux qui la publient.

Selon Jean-Dominic Leduc, il faut attendre la fin des années 1950 pour que Peanuts trouve son ton et son plein rythme.

Chacun des personnages, à sa manière, incarne un trait de personnalité de l’auteur, et donc, est le prolongement de ses propres angoisses. Ce que le fait d’être dans les journaux sur une base quotidienne et de durer dans le temps permet de faire, c’est de créer des rendez-vous. Chaque Saint-Valentin, on sait que Charlie n’aura pas sa carte. On sait qu’il ne bottera pas le ballon, et que Lucy va l’enlever. On sait aussi que Linus, chaque Halloween, attend la Grande Citrouille.

Jean-Dominic Leduc

Tu passes à la télé, Charlie Brown

Même si Charlie Brown est créé presque en même temps que la télévision, Charles M. Schulz patiente un peu avant d’animer ses personnages. Perfectionniste et désireux de contrôler chaque détail de son univers de papier, il attend d’avoir l’assurance de pouvoir le faire selon sa vision.

Lorsque les conditions sont réunies, c’est la consécration.

C’est l’ouverture de la boîte de Pandore, parce que c’est ce qui va amener Schulz à développer tout le pan commercial [de Peanuts]. […] Charlie Brown fait son entrée dans la mythologie. Il entre dans les foyers, il entre dans l’imaginaire collectif. La musique [du dessin animé] est le premier produit dérivé [de Peanuts]. D’ailleurs, petite anecdote : Charles M. Schulz détestait le jazz.

Jean-Dominic Leduc

La popularité de Peanuts est telle que Snoopy devient la mascotte de la NASA dans les années 1970.

Un ballon à l'effigie de Charlie Brown flotte au-dessus du défilé de l'Action de grâces à New York, en novembre 2018.
Un ballon à l'effigie de Charlie Brown flotte au-dessus du défilé de l'Action de grâces à New York, en novembre 2018. Photo : AFP/Getty Images/DON EMMERT

Une fin annoncée

Lorsque Charles M. Schulz meurt des suites d’un cancer, en 2000, Peanuts est lue par 355 millions de lecteurs de 2600 journaux publiés dans 75 pays.

Extrêmement prévoyant, il avait pris de l’avance dans la production de la série, ce qui a permis à cette dernière de continuer à être publiée même pendant sa maladie, même après l’apparition d’un gênant tremblement de la main qui rendait le dessin difficile.

Sentant la fin approcher, Schulz avait annoncé la fin de Peanuts pour février 2000, refusant qu’elle se poursuive après sa mort.

Il est finalement mort quelques heures avant la publication de l’ultime bande dessinée.

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