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La fausse libération des Noirs après la guerre de Sécession

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

La fausse libération des Noirs après la guerre de Sécession

Audio fil du mercredi 18 septembre 2019
Des anciens esclaves posent devant un refuge temporaire à Arlington, en Virginie, au milieu des années 1860.

Des anciens esclaves dans un refuge temporaire à Arlington, en Virginie, au milieu des années 1860.

Photo : Getty Images / Hulton Archive

À la suite de l'armistice entre le nord et le sud des États-Unis en 1865, les Afro-Américains ont bénéficié d'une décennie d'émancipation cahoteuse avant de voir leurs droits s'effriter irrémédiablement devant une « contre-révolution blanche » entérinée par les lois Jim Crow. Mylène Desautels, professeure d'histoire, raconte à Jacques Beauchamp comment les États du sud ont profité du plan de reconstruction particulièrement conciliant d'Abraham Lincoln pour légaliser le retour à la servilité des Noirs.

Andrew Johnson

Andrew Johnson, président américain de 1865 à 1869

Photo : Getty Images / Hulton Archive

Dès 1863, quand le nord commence à reconquérir certains États du sud et que le 13e amendement, qui abolit l’esclavage, est adopté, la délicate question de la construction se pose pour le président Abraham Lincoln. Il privilégie le plan du 10 % : dès que 10 % de la population d’un État jure fidélité à l’union et ratifie le 13e amendement, il est réintégré.

Le Congrès préconise une approche plus dure, surtout quand Andrew Johnson, président issu du sud et ouvertement raciste, succède à Abraham Lincoln. Le sud passe sous occupation militaire, et des bureaux d’aide aux esclaves libérés sont ouverts.

Les sudistes se rebiffent

Les premières tentatives des esclavagistes récalcitrants de voter des « codes noirs », soit des lois visant à contourner les nouveaux droits des anciens esclaves, sont rapidement étouffées. Les représentants et les sénateurs qui se présentent en chambre en uniforme sudiste sont interdits d’entrée.

Pourtant, le sud est ruiné. On sait qu’on a perdu la guerre, mais dans l’esprit, dans l’attitude, on a très peu de repentir par rapport à la question de l’esclavage.

Mylène Desautels
Des enfants noirs sont assis dans les ruines de la ville de Charleston, en Caroline du Sud.

Des enfants noirs sont assis dans les ruines de la ville de Charleston, détruite durant la guerre de Sécession, le 1er janvier 1865.

Photo : Getty Images / Hulton Archive

Johnson, pour qui l’émancipation des Noirs devrait se limiter au 13e amendement, use régulièrement de son droit de veto pour empêcher de telles réformes, mais il est systématiquement débouté par les autres chambres et passe proche d’être destitué.

Ulysses S. Grant.

Ulysses S. Grant, président américain de 1869 à 1877

Photo : Getty Images / Kean Collection

Grant à la rescousse

Le président Ulysses S. Grant, un ancien héros de guerre nordiste, bénéficie d’une plus grande latitude et parvient à faire adopter le 15e amendement, qui donne aux Noirs les droits de vote et de représentation. Privés de possessions et d’éducation jusqu’alors, ils se ruent dans les écoles et posent leur candidature en masse aux différents paliers de gouvernement. Le taux d’alphabétisation grimpe de 15 %.

Le grand recul

Dans les États du sud, toutefois, la violence, l’intimidation et le métayage deviennent monnaie courante. Des groupes comme le Ku Klux Klan, Knights of the White Camelia et les Red Shirts sont mis sur pied pour empêcher les Noirs d’exercer leurs nouveaux droits. Des cultivateurs blancs offrent de rembourser les dettes de Noirs en échange de services, ce qui équivaut à renvoyer ces travailleurs en esclavage.

De tels dérangements alimentent les craintes d’une société mixte dans laquelle la race blanche se trouverait affaiblie.

Vaste rassemblement de membres du Ku Klux Klan en costume, en 1920.

Rassemblement du Ku Klux Klan en 1920

Photo : Getty Images / Hulton Archive

L’abdication

En 1876, une élection empreinte de corruption débouche sur une impasse dont la solution s’avère finalement être une entente prévoyant l’accession à la présidence du républicain Rutherford B. Hayes contre le retrait de l’armée des États du sud et la fermeture des bureaux d’aide aux anciens esclaves.

Selon Mylène Desautels, cette entente signe la fin de la libération des Noirs, et le début des lois Jim Crow légalisant la ségrégation raciale.

« On a fait la paix en abandonnant les Noirs », dit-elle.

Gravure en noir et blanc dépeignant d'anciens esclaves qui célèbrent la proclamation de l'émancipation, le 1er août 1866.

D'anciens esclaves célèbrent la proclamation de l'émancipation, le 1er août 1866.

Photo : Getty Images / Three Lions

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